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La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

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De la pub




15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 07:00
Bienvenue en Sarkozie ! C'est quand même fort cette histoire : on crée une commission d'éthique pour éviter le grand n'importe quoi quand un responsable quitte ces fonctions pour exercer son pouvoir dans une entreprise privée, et on se permet de passer outre quand ça nous arrange !

On se fout de la gueule de qui dans cette histoire ?

Pérol peut engager sa responsabilité pénale dans cette histoire ! Que l'on aille donc jusqu'au bout : il faut qu'enquête soit diligentée et que l'on condamne ce type et qu'il aille en prison ! Ca serait bien de rappeler que, même le Président de la République ne peut s'affranchir des lois en promouvant ses copains à la tête de grandes entreprises Françaises !

Un article du journal 'Le Monde' daté du 29 Mai 2009

***********

La Commission se rebiffe
L'affaire Pérol les a choqués. Les 14 membres de la Commission de déontologie, chargés de contrôler le passage des fonctionnaires au privé, n'ont pas apprécié d'être ignorés par le politique. Deux d'entre eux ont démissionné

Les deux lettres de démission sont arrivées, l'une après l'autre, fin avril, sur le bureau du premier ministre, François Fillon. Deux lettres concises, lapidaires, par lesquelles, en réaction à l'affaire Pérol, Jacques Chabrun, conseiller-maître à la Cour des comptes, et son suppléant, Pierre-Yves Richard, avertissent le chef du gouvernement de leur décision de quitter la Commission de déontologie de la fonction publique.

Il n'en fallait pas plus pour relancer la polémique provoquée, fin février, par le parachutage de François Pérol, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, à la tête du nouveau groupe Banques populaires-Caisses d'épargne.

Depuis deux mois, M. Chabrun, ancien collaborateur du général de Gaulle, doté d'un sens aigu de l'éthique républicaine, " se sentait très mal à l'aise " au sein de la commission, rapporte un proche.

Dans sa lettre " de trois lignes ", également adressée au ministre du budget, Eric Woerth, au président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, et au président de la Commission de déontologie, Olivier Fouquet, M. Chabrun souligne que " les conditions de saisine de la Commission ne m'apparaissent plus telles que je souhaite y siéger ". " J'ai fait cela pour marquer les esprits, explique aujourd'hui le magistrat. Il m'est apparu que la Commission était décrédibilisée. "

Aussi inattendu que symbolique, le départ de ces deux magistrats indépendants, peu coutumiers des coups d'éclat, fait figure de révélateur du profond malaise qui règne, depuis lors, au sein de la Commission. Et, au-delà, dans le monde politique, droite et gauche confondues.

Si cette Commission de déontologie, créée en 1995, n'a pu se prononcer sur la conformité du départ d'un proche de Nicolas Sarkozy vers le secteur privé, à quoi sert-elle ?, s'interrogent de concert les membres de la Commission. Ils sont quatorze magistrats, élus et hauts fonctionnaires, nommés par le premier ministre, pour prévenir les cas de prise illégale d'intérêt, de corruption ou de " pantouflage " arrangé. Mais là, ils n'ont fait qu'assister, impuissants, au transfert de l'intéressé. Ni M. Pérol ni sa hiérarchie n'ont jugé bon de les saisir.

" On s'est moqué de nous !, lance Pierre-Yves Richard. La Commission a été instrumentalisée. " Qu'il s'agisse de l'attitude de M. Pérol, justifiant l'absence de saisine de l'organisme par l'urgence de doter la future deuxième banque française d'un capitaine, ou de celle du chef de l'Etat, assurant, depuis Rome, que " la Commission a donné son avis (...), de problème il n'y en a pas ", tout, dans cette affaire, a choqué les " sages ". " Nicolas Sarkozy a, peut-être malgré lui, dit quelque chose de faux ", déplore l'un d'eux.

" L'honneur de la Commission a été atteint, déclare, solennel, Olivier Fouquet, son président. " Elle a été attaquée pour son impuissance. A tort : elle ne pouvait s'autosaisir, explique-t-il. Ses membres viennent là par devoir. Ils ont été navrés de voir leur travail injustement critiqué. "

Pour laver l'affront, M. Fouquet milite désormais pour une réforme, au plus vite, du mode de fonctionnement de l'institution. La nouvelle réglementation doit, selon lui, " combler le trou révélé par l'affaire Pérol " en permettant à l'institution de s'autosaisir.

Auditionné début mai à l'Assemblée nationale, M. Fouquet a convaincu les députés du bien-fondé de sa position. Le résultat ne s'est pas fait attendre. Le 14 mai, le président de la Commission des lois, le député UMP Jean-Luc Warsmann, a déposé une proposition de loi conforme à ses attentes. Il propose d'instituer l'autosaisine de la Commission et d'obliger tous les membres de cabinets - y compris ceux de l'Elysée - à solliciter son avis. Sans exception. Autrement dit, une autre affaire Pérol ne serait plus possible.

" C'est l'occasion de résoudre les angles morts du contrôle déontologique ", explique le député. En dépit des réticences de Bercy, qui redoute une entrave aux échanges entre public et privé, M. Warsmann se montre serein quant à l'adoption de sa réforme. " Je n'imagine pas un seul instant que le gouvernement émette un avis défavorable. J'ai fait valider ma proposition de loi auprès des services du premier ministre avant de la déposer ", assure-t-il. Le texte pourrait, selon lui, être entériné avant les vacances parlementaires, mais il ne s'appliquerait pas à M. Pérol.

" Le système a été déstabilisé, deux membres éminents de la Commission ont remis leur mandat, son président réclame une réforme, et les deux assemblées y sont favorables... L'heure du choix est arrivée pour le gouvernement ! ", résume un haut fonctionnaire. " Pour que la Commission reste crédible, il faut que les choses changent, renchérit un membre de la Commission. Si un autre problème survenait, nous n'aurions, cette fois, d'autre choix que la démission collective. "

Pour Michel Sapin, père de la loi anticorruption de 1993, votée sur fond d'affaires Elf et des marchés truqués des lycées d'Ile-de-France, et à l'origine de la Commission de déontologie, une telle réforme serait bienvenue. Elle remettrait de l'ordre dans la République. " La loi Sapin n'est pas un monument intangible, reconnaît l'ancien ministre des finances. Mais, en 2004, le gouvernement l'a simplifiée, bien trop simplifiée, au point d'aboutir à des absurdités. " Pour désengorger le circuit, l'examen systématique de toutes les demandes de transfert avait alors été supprimé.

" On a laissé le champ libre à des gens de mauvaise foi, poursuit M. Sapin, et créé de l'incertitude. " Le député socialiste souligne que, en se privant de l'aval de la Commission de déontologie, M. Pérol s'est mis en risque juridique. Quatre plaintes ont été déposées à l'encontre de l'ex-conseiller de l'Elysée, pour " prise illégale d'intérêt ", par les associations Anticor et Contribuables Associés, et par les syndicats Sud et CGT des Caisses d'épargne. Une enquête préliminaire de police a été ouverte, début avril, par le parquet de Paris. La CGT a également déposé trois recours au Conseil d'Etat.

" M. Pérol n'a pas saisi la Commission, il a eu tort, maintenant, c'est le juge pénal qui va faire le travail de la Commission ", ajoute un magistrat. Le délit visé, la participation illégale d'un fonctionnaire dans une entreprise qu'il a contrôlée, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende au sens de l'article 432-13 du code pénal.

Les membres de la Commission sont d'autant plus marris, que, selon eux, le " cas Pérol " méritait un examen scrupuleux, qui relevait pleinement de leur compétence. " La Commission n'est pas là pour s'opposer aux passages des fonctionnaires dans le privé, mais pour les protéger, atteste l'un d'eux. Aucun projet n'est jamais étouffé ! "

" Ce cas est des plus flagrants, estime M. Sapin. Cette banque va recevoir une aide financière de l'Etat - de 5 milliards d'euros - que M. Pérol a directement négociée dans son bureau. " Le Parti socialiste, comme le MoDem, voit dans l'affaire Pérol une illustration du " pouvoir personnel " du chef de l'Etat.

Dans ce contexte tourmenté, certains hauts fonctionnaires, redoutant la polémique, retardent leur départ vers le secteur privé. Et quand ils sautent le pas, ils s'entourent de toutes les précautions, comme l'a fait Stéphane Richard, l'actuel directeur de cabinet de la ministre de l'économie, Christine Lagarde. A la mi-mai, annonçant son départ prochain pour France Telecom, M. Richard a précisé qu'il s'en remettait à l'avis de la Commission de déontologie. Celle-ci a statué rapidement, en sa faveur, au motif que M. Richard, ayant été administrateur de France Télécom, s'était organisé, dès son arrivée à Bercy, pour ne traiter d'aucun dossier concernant l'opérateur de télécoms.

Mais l'émoi est tel, que toute nomination à caractère politique est sujette à caution. " Alors que c'était un cas très comparable à celui de M. Pérol, les débats ont été rapides ", estime Alain Traca, conseiller régional d'Ile-de-France (PS), qui siège à la Commission mais n'a pas participé aux délibérations.

Pour M. Traca, " la déontologie de la fonction publique est à deux vitesses. On oppose de la résistance au départ d'un employé de jardin communal qui voudrait créer une entreprise et on expédie les gros dossiers ". " C'est très agaçant ", insiste l'élu, qui a l'intention d'interpeller le président de la Commission.

L'affaire a choqué jusqu'à Philippe Séguin. Tenu au devoir de réserve, le président de la Cour des comptes ne dit mot de la polémique en public. Mais il confie son trouble en privé, témoignent des proches, et comprend les démissions des magistrats de son institution. " Imaginez, Séguin, gaulliste, pupille de la nation... Il a été profondément scandalisé par cette affaire ", rapporte un de ses collaborateurs. " M. Séguin a dit qu'il me soutiendrait, autrement dit, il ne m'a pas dissuadé - de démissionner - ", confie M. Chabrun, l'un des deux magistrats démissionnaires.

Un jour ou l'autre, quand Matignon le lui demandera, le président de la Cour des comptes devra suggérer des noms afin de remplacer les magistrats de la Commission démissionnaires. Le geste lui sera plus facile si une réforme est engagée d'ici là.

Claire Gatinois et Anne Michel
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Published by James Hetfield - dans Société
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 07:00
Une très bonne initiative que l'initiative judiciaire Espagnole ! Malheureusement, elle influe grandement sur la diplomatie de ce pays.

Pour moi, c'est un mal nécessaire car il contribue grandement au maintien international des droits de l'homme et force une démocratie mondiale.

A quand la compétence universelle en France ?

Un article du journal 'Le Monde' daté du 27 Mai 2009

*********

L'Espagne veut canaliser l'initiative de ses juges en matière de justice internationale
Plusieurs procédures engagées contre des dirigeants étrangers au nom de la compétence universelle embarrassent la diplomatie espagnole

Madrid Correspondant

Le gouvernement espagnol prépare une réforme judiciaire qui devrait " limiter et clarifier la portée du principe de juridiction universelle ". C'est ce que demande " de manière urgente " une résolution parlementaire votée le 19 mai par une écrasante majorité de députés socialistes et conservateurs. Seuls huit parlementaires, notamment de Izquierda Unidad (IU, écolo-communistes), se sont opposés à la remise en cause de la loi qui, depuis 2005, donne compétence aux juges de l'Audience nationale, la plus haute juridiction pénale espagnole, pour enquêter sur les crimes de masse partout dans le monde.

Le principe avait été introduit par le juge Baltasar Garzon pour réclamer l'arrestation de l'ex-dictateur Augusto Pinochet et son extradition de Grande-Bretagne en Espagne en 1998. " Il est triste que l'Espagne, qui a été le champion de la justice universelle, essaie maintenant de lui donner le coup de grâce ", a déploré le magistrat.

Les députés souhaitent que la future législation n'autorise l'ouverture d'une procédure que dans le cas où " les responsables présumés se trouvent en Espagne ou bien où des Espagnols font partie des victimes ". De surcroît, la " justice espagnole ne pourrait plus se saisir d'affaires faisant déjà l'objet d'une enquête pénale dans le pays où les faits ont eu lieu ou dans une juridiction internationale ".

Cette volonté de Madrid de restreindre la justice universelle a été qualifiée de " pas en arrière très décevant " par l'organisation Human Rights Watch (HRW). Pour son porte-parole, Reed Briody, " il n'y a pas dans le monde d'excès de justice universelle, mais plutôt un excès d'impunité ". La présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Souhayr Belhassen, a regretté que " des considérations politiques et diplomatiques conduisent l'Espagne à faire marche arrière alors que sa législation compte parmi les plus avancées pour l'exercice de la compétence universelle ".

" RECHERCHE D'UN ÉQUILIBRE "

Il est vrai que plusieurs initiatives récentes de juges de l'Audience nationale ont mis dans l'embarras la diplomatie espagnole. Des procédures ont été engagées contre de responsables de l'administration Bush à propos de la prison de Guantanamo et de trois hauts dirigeants chinois pour la répression des émeutes au Tibet en mars 2008. Mais c'est la mise en cause du ministre de la défense israélien de l'époque et de plusieurs militaires de haut rang dans une enquête sur un bombardement meurtrier à Gaza, en 2002, qui a causé les plus grandes difficultés diplomatiques au gouvernement de José Luis Zapatero. Après les virulentes protestations de Jérusalem, le ministre des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, avait annoncé en janvier à son homologue, Tzipi Livni, l'intention de son gouvernement de faire évoluer la législation.

La FIDH et l'Association pour les droits de l'homme d'Espagne ont appelé " le gouvernement et le Parlement espagnols à ne pas laisser les pressions internationales les faire reculer face aux obligations internationales de l'Espagne en matière de droits de l'homme ".

La vice-présidente du gouvernement, Maria Teresa Fernandez de la Vega, a affirmé, le 22 mai, que " la future loi ne sera pas un recul ", mais " améliorera et confirmera l'engagement " du pays sur le principe de la compétence universelle. Alors que quatre des six juges d'instruction de l'Audience nationale ont critiqué publiquement l'éventuelle limitation de leurs pouvoirs, le nouveau président de la juridiction, Angel Juanes, s'est prononcé pour " la recherche d'un équilibre entre l'impunité et la non-ingérence dans les affaires d'autrui ".

Jean-Jacques Bozonnet
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 07:00
Apocalyptica ne veut pas que l'on utilise sa musique à n'importe quel escient ! C'est une bonne chose.

Pour info, le titre dont on parle :



Apocalyptica est un groupe de Métal connu pour jouer avec des violoncelles. Avec leur instrument, ils sont capables de reproduire des riffs dantesques de guitare !

Un de leur album légendaire se compose de titres exclusifs de Metallica.

Un exemple d'un de ces titres (Welcome Home (Sanitarium) - Metallica - Master Of Puppets):



Un article du journal 'Le Monde' daté du 27 Mai 2009

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MUSIQUE
Le groupe de rock metal finlandais Apocalyptica proteste contre l'utilisation de l'une de ses chansons dans un clip électoral contre les Tziganes

Le groupe de rock metal finlandais Apocalyptica a protesté contre l'utilisation de l'une de ses chansons, Path, dans un clip électoral du Parti national (NS, extrême droite) tchèque préconisant une " solution finale pour la question tzigane ", a annoncé, à Prague, lundi 25 mai, la filiale tchèque de la major du disque, Universal Music. Une plainte pourrait être déposée, a précisé un représentant d'Universal. De son côté, le groupe a fait savoir par l'un de ses managers qu'il soutenait les minorités et les droits de l'homme, et respectait chaque individu, sans tenir compte de son origine ethnique. - (AFP.)
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 07:00
Pour moi, la résolution du conflit Israëlo-Palestinien ne pourra passer que par la création de deux états, ce qu'à priori, le premier ministre israélien, ne veut entendre parler...

Toute résolution doit passer par une phase de donnant-donnant. Pour moi, Israël ne respecte pas cette règle de base : à croire qu'elle se plaît dans cette situation de crise depuis 50 ans...

Bref, le conflit Israélo-Palestinien, dans ces conditions, n'est pas prêt de s'éteindre. C'est bien dommage, mais la nature humaine est ainsi faite...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 26 Mai 2009

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Benyamin Nétanyahou exprime ses réserves sur la création d'un Etat palestinien
Le premier ministre israélien défend également l'extension des colonies en Cisjordanie et le maintien de l'unité de Jérusalem

Jérusalem Correspondant

Une semaine après sa première rencontre à Washington avec Barack Obama, Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien, refuse toujours de donner son accord pour la création d'un Etat palestinien et s'oppose au gel de la colonisation, deux décisions réclamées avec insistance par le président américain afin de tenter de résoudre le conflit israélo-palestinien.

En conseil des ministres, dimanche 24 mai, M. Nétanyahou a exprimé " certaines réserves concernant un Etat palestinien dans un accord de statut final ". " Lorsque nous parviendrons à un accord sur la substance, nous parviendrons à un accord sur la terminologie ", a-t-il ajouté. Et si le chef du gouvernement israélien a dit ne pas avoir l'intention de créer des colonies, il estime que " ce n'est pas logique de nous reprocher de ne pas trouver de réponses à la croissance naturelle et d'interdire toute construction en Judée-Samarie - Cisjordanie - ".

L'Etat juif n'a cessé d'étendre les colonies existantes qui accueillent de nouveaux venus dans les territoires occupés. Rien n'a été décidé, non plus, au sujet du démantèlement des colonies sauvages qui, au fil des ans, s'incrustent en Cisjordanie. Ehoud Barak, ministre de la défense, a proposé d'en raser 22 construites depuis 2001 tandis que le ministre des transports, Israël Katz, insiste pour légaliser les quelque 80 autres établies avant cette date.

De toute façon, comme l'a souligné, dimanche, avec fermeté, Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères, " un retour aux frontières de 1967 - avant la guerre des six jours - , comme on nous presse de le faire, ne mettrait pas fin au conflit et ne garantirait ni la paix ni la sécurité ". " Cela reviendrait simplement à déplacer le conflit dans les frontières de 1967 ", a insisté le ministre ultranationaliste aux yeux duquel la feuille de route (le plan de paix international) " devrait être reconsidérée dans toutes ses étapes ".

" JÉRUSALE

M EST LA CAPITALE "

Toutes ces réticences s'ajoutent au " non " catégorique exprimé, jeudi, par le premier ministre sur la revendication des Palestiniens de faire de Jérusalem-Est leur capitale. " Jérusalem est la capitale d'Israël, l'a toujours été et le restera pour toujours. Elle ne sera jamais plus divisée ou coupée en deux. Jérusalem restera seulement sous notre souveraineté ", a-t-il indiqué à l'occasion du 42e anniversaire de la conquête de Jérusalem-Est, officiellement annexée en 1980.

" Jamais depuis sa réunification, la liberté de culte pour tous n'a été aussi pleinement assurée ", a-t-il ajouté. Lors de la visite du pape Benoît XVI, au début du mois de mai, le Patriarcat latin a pourtant protesté contre les restrictions imposées aux fidèles lors de la messe à Jérusalem-Est. L'accès à l'esplanade des Mosquées est régulièrement soumis à des restrictions pour les musulmans. La plupart du temps, seuls les femmes et les hommes de plus de 45 ans sont autorisés à pénétrer librement dans le troisième lieu saint de l'islam. Les Palestiniens protestent contre les obstacles dressés contre la pratique de leur culte.

Ils dénoncent aussi la progression de la colonisation dans la partie orientale de Jérusalem qui, désormais, coupe pratiquement totalement la Cisjordanie de Jérusalem-Est. Or M. Nétanyahou a totalement exclu de stopper les constructions à la périphérie de ce qui est considéré par les Israéliens comme " la capitale éternelle " de l'Etat juif. " Nous n'accepterons pas de limites sur nos constructions et nos activités à l'intérieur d'Israël ", a-t-il fait remarquer. Toute la question est désormais de savoir quels moyens Barack Obama mettre en oeuvre pour le faire changer d'avis.

Michel Bôle-Richard
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 07:00
Voici une interview de Julien Coupat, l'un des inculpés de Tarnac dont on n'a, pour l'instant, pas beaucoup de preuves de sa culpabilité dans l'affaire des sabotages SNCF pour le moment...

Et c'est en lisant cette interview, en lisant sa prose hautaine, déplacée, bourrée de références toutes aussi bancales les unes que les autres, que l'on se rend compte qu'il n'est peut être pas derrière les barreaux pour rien ;)

Car enfin, qu'il serve un de ces discours abscons à un flic ou à un juge, et il deviendra évident que ce flic cherchera à lui faire fermer sa grande gueule, ou que le juge cherchera à l'inculper sans preuve : c'est humain ! Quand vous faites le gars hautain avec une grande gueule et le verbe haut, vous ne pouvez que vous attirer des inimités !

Coupat mérite-t-il son sort ? L'être humain que je suis serait tenté de dire oui dans un premier temps, puis se ravisera aussitôt ! La démocratie autorise la connerie humaine, et la démocratie ne peut justifier la prison que si des preuves irréfutables sont apportées. Dans ce dossier, ce n'est pas le cas ! Coupat doit donc être relâché aussi rapidement que possible ! Il est trop con pour se dire, après coup, que sa libération est la preuve d'une démocratie qui marche dans ce pays et se remettre en cause... Mais en attendant, sous prétexte que son verbe haut représente un danger, le judiciaire fourbille de toutes les armes nécessaires à ses arguments débiles !

Libérez le car la connerie n'est pas un délit !

Un petit florilège de mes commentaires persos concernant certaines affirmations :

"L'avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d'avoir pris l'initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant "sans complexe" avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l'Occident, l'Afrique, le travail, l'histoire de France, ou l'identité nationale."

Sarko n'est pas responsable du pouvoir judiciaire dans son ensemble. A la limite, il est responsable du parquet et du pouvoir répressif. Pas plus...
Le maintien en détention n'est donc pas uniquement du à Sarko...
Je suis convaincu que le juge des peines et de la détention, indépendant, a du prendre un malin plaisir à envoyer ce petit malin qui donne des leçons à tout le monde, en taule ;)

"Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d'entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole."

C'est faux. Son seul chef est le peuple. Son ennemi n'est pas la rue. On est en Démocratie qui est l'exercice du pouvoir par le Peuple pour le Peuple. Dans toute démocratie qui se respecte, on ne parle pas d'ennemis, on ne parle pas de révolution car, la révolution devrait se faire par le peuple contre lui-même... On a donc à faire à un pur discours anti-démocratique, anarchique...

"Il importe peu, finalement, qu'il ne se trouve personne en France pour se reconnaître "anarcho-autonome" ni que l'ultra-gauche soit un courant politique qui eut son heure de gloire dans les années 1920 et qui n'a, par la suite, jamais produit autre chose que d'inoffensifs volumes de marxologie."

Les victimes des geôles Staliniennes apprécieront... ;)

"[...]sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde) les premiers articles dévoilant le terrible péril que feraient peser sur toute vie sociale les "anarcho-autonomes".

Quel con ! Si la presse était aux ordres, cet article ne serait jamais paru ! Andouille !

"Vous êtes issu d'un milieu très aisé qui aurait pu vous orienter dans une autre direction…

"Il y a de la plèbe dans toutes les classes" (Hegel)."

"Seuls les imbéciles parlent par des citations (James Hetfield)."

"[...]il faut avoir séjourné en prison pour prendre la pleine mesure de ce que l'école, l'innocente école de la République, contient, par exemple, de carcéral. [...]"

Non mais il est complètement ravagé ce type ! Comparer l'école à la prison : mais pour qui il se prend ?

"Si l'on traque avec tant d'avidité les témoignages "de l'intérieur" qui exposeraient enfin les secrets que la prison recèle, c'est pour mieux occulter le secret qu'elle est : celui de votre servitude, à vous qui êtes réputés libres tandis que sa menace pèse invisiblement sur chacun de vos gestes."

Enlevez lui au moins son shit en prison, merde !

Si les preuves manquent concernant sa culpabilité ce crétin et débile profond doit être libéré, et j'en suis le premier désolé car, vu la teneur de ces propos, j'aimerais bien qu'il reste en taule pour décanter quelque peu sa connerie... Mais, car la démocratie doit s'exprimer, et que même le droit d'être con est affirmé, on doit relâcher ce crétin si on n'a pas de preuves contre lui...

**************

Julien Coupat : "La prolongation de ma détention est une petite vengeance"
LE MONDE | 25.05.09 | 12h10  •  Mis à jour le 25.05.09 | 12h33

oici les réponses aux questions que nous avons posées par écrit à Julien Coupat. Mis en examen le 15 novembre 2008 pour "terrorisme" avec huit autres personnes interpellées à Tarnac (Corrèze) et Paris, il est soupçonné d'avoir saboté des caténaires SNCF. Il est le dernier à être toujours incarcéré. (Il a demandé à ce que certains mots soient en italique).

Comment vivez-vous votre détention ?

Très bien merci. Tractions, course à pied, lecture.

Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation ?

Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents s'est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion [ancien patron de la police antiterroriste] dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d'un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs "prisons du peuple" en nous assommant de questions où l'absurde le disputait à l'obscène.

Celui qui semblait être le cerveau de l'opération s'excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c'était de la faute des "services", là-haut, où s'agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité.

Les sabotages sur les caténaires SNCF en France ont été revendiqués en Allemagne. Qu'en dites-vous?

Au moment de notre arrestation, la police française est déjà en possession du communiqué qui revendique, outre les sabotages qu'elle voudrait nous attribuer, d'autres attaques survenues simultanément en Allemagne. Ce tract présente de nombreux inconvénients : il est posté depuis Hanovre, rédigé en allemand et envoyé à des journaux d'outre-Rhin exclusivement, mais surtout il ne cadre pas avec la fable médiatique sur notre compte, celle du petit noyau de fanatiques portant l'attaque au cœur de l'Etat en accrochant trois bouts de fer sur des caténaires. On aura, dès lors, bien soin de ne pas trop mentionner ce communiqué, ni dans la procédure, ni dans le mensonge public.

Il est vrai que le sabotage des lignes de train y perd beaucoup de son aura de mystère : il s'agissait simplement de protester contre le transport vers l'Allemagne par voie ferroviaire de déchets nucléaires ultraradioactifs et de dénoncer au passage la grande arnaque de "la crise". Le communiqué se conclut par un très SNCF "nous remercions les voyageurs des trains concernés de leur compréhension". Quel tact, tout de même, chez ces "terroristes"!

Vous reconnaissez-vous dans les qualifications de "mouvance anarcho-autonome" et d'"ultragauche"?

Laissez-moi reprendre d'un peu haut. Nous vivons actuellement, en France, la fin d'une période de gel historique dont l'acte fondateur fut l'accord passé entre gaullistes et staliniens en 1945 pour désarmer le peuple sous prétexte d'"éviter une guerre civile". Les termes de ce pacte pourraient se formuler ainsi pour faire vite : tandis que la droite renonçait à ses accents ouvertement fascistes, la gauche abandonnait entre soi toute perspective sérieuse de révolution. L'avantage dont joue et jouit, depuis quatre ans, la clique sarkozyste, est d'avoir pris l'initiative, unilatéralement, de rompre ce pacte en renouant "sans complexe" avec les classiques de la réaction pure – sur les fous, la religion, l'Occident, l'Afrique, le travail, l'histoire de France, ou l'identité nationale.

Face à ce pouvoir en guerre qui ose penser stratégiquement et partager le monde en amis, ennemis et quantités négligeables, la gauche reste tétanisée. Elle est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu'elle n'ose pas, elle, traiter en ennemi et qui lui ravit un à un les plus malins d'entre ses éléments. Quant à l'extrême gauche à-la-Besancenot, quels que soient ses scores électoraux, et même sortie de l'état groupusculaire où elle végète depuis toujours, elle n'a pas de perspective plus désirable à offrir que la grisaille soviétique à peine retouchée sur Photoshop. Son destin est de décevoir.

Dans la sphère de la représentation politique, le pouvoir en place n'a donc rien à craindre, de personne. Et ce ne sont certainement pas les bureaucraties syndicales, plus vendues que jamais, qui vont l'importuner, elles qui depuis deux ans dansent avec le gouvernement un ballet si obscène. Dans ces conditions, la seule force qui soit à même de faire pièce au gang sarkozyste, son seul ennemi réel dans ce pays, c'est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires. Elle seule, en fait, dans les émeutes qui ont suivi le second tour du rituel plébiscitaire de mai 2007, a su se hisser un instant à la hauteur de la situation. Elle seule, aux Antilles ou dans les récentes occupations d'entreprises ou de facs, a su faire entendre une autre parole.

Cette analyse sommaire du théâtre des opérations a dû s'imposer assez tôt puisque les renseignements généraux faisaient paraître dès juin 2007, sous la plume de journalistes aux ordres (et notamment dans Le Monde) les premiers articles dévoilant le terrible péril que feraient peser sur toute vie sociale les "anarcho-autonomes". On leur prêtait, pour commencer, l'organisation des émeutes spontanées, qui ont, dans tant de villes, salué le "triomphe électoral" du nouveau président.

Avec cette fable des "anarcho-autonomes", on a dessiné le profil de la menace auquel la ministre de l'intérieur s'est docilement employée, d'arrestations ciblées en rafles médiatiques, à donner un peu de chair et quelques visages. Quand on ne parvient plus à contenir ce qui déborde, on peut encore lui assigner une case et l'y incarcérer. Or celle de "casseur" où se croisent désormais pêle-mêle les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets, certes toujours efficace dans la gestion courante de la pacification sociale, permet de criminaliser des actes, non des existences. Et il est bien dans l'intention du nouveau pouvoir de s'attaquer à l'ennemi, en tant que tel, sans attendre qu'il s'exprime. Telle est la vocation des nouvelles catégories de la répression.

Il importe peu, finalement, qu'il ne se trouve personne en France pour se reconnaître "anarcho-autonome" ni que l'ultra-gauche soit un courant politique qui eut son heure de gloire dans les années 1920 et qui n'a, par la suite, jamais produit autre chose que d'inoffensifs volumes de marxologie. Au reste, la récente fortune du terme "ultragauche" qui a permis à certains journalistes pressés de cataloguer sans coup férir les émeutiers grecs de décembre dernier doit beaucoup au fait que nul ne sache ce que fut l'ultragauche, ni même qu'elle ait jamais existé.

A ce point, et en prévision des débordements qui ne peuvent que se systématiser face aux provocations d'une oligarchie mondiale et française aux abois, l'utilité policière de ces catégories ne devrait bientôt plus souffrir de débats. On ne saurait prédire, cependant, lequel d'"anarcho-autonome" ou d'"ultragauche" emportera finalement les faveurs du Spectacle, afin de reléguer dans l'inexplicable une révolte que tout justifie.

La police vous considère comme le chef d'un groupe sur le point de basculer dans le terrorisme. Qu'en pensez-vous?

Une si pathétique allégation ne peut être le fait que d'un régime sur le point de basculer dans le néant.

Que signifie pour vous le mot terrorisme?

Rien ne permet d'expliquer que le département du renseignement et de la sécurité algérien suspecté d'avoir orchestré, au su de la DST, la vague d'attentats de 1995 ne soit pas classé parmi les organisations terroristes internationales. Rien ne permet d'expliquer non plus la soudaine transmutation du "terroriste" en héros à la Libération, en partenaire fréquentable pour les accords d'Evian, en policier irakien ou en "taliban modéré" de nos jours, au gré des derniers revirements de la doctrine stratégique américaine.

Rien, sinon la souveraineté. Est souverain, en ce monde, qui désigne le terroriste. Qui refuse d'avoir part à cette souveraineté se gardera bien de répondre à votre question. Qui en convoitera quelques miettes s'exécutera avec promptitude. Qui n'étouffe pas de mauvaise foi trouvera un peu instructif le cas de ces deux ex – "terroristes" devenus l'un premier ministre d'Israël, l'autre président de l'Autorité palestinienne, et ayant tous deux reçus, pour comble, le Prix Nobel de la paix.

Le flou qui entoure la qualification de "terrorisme", l'impossibilité manifeste de le définir ne tiennent pas à quelque provisoire lacune de la législation française : ils sont au principe de cette chose que l'on peut, elle, très bien définir : l'antiterrorisme dont ils forment plutôt la condition de fonctionnement. L'antiterrorisme est une technique de gouvernement qui plonge ses racines dans le vieil art de la contre-insurrection, de la guerre dite "psychologique", pour rester poli.

L'antiterrorisme, contrairement à ce que voudrait insinuer le terme, n'est pas un moyen de lutter contre le terrorisme, c'est la méthode par quoi l'on produit, positivement, l'ennemi politique en tant que terroriste. Il s'agit, par tout un luxe de provocations, d'infiltrations, de surveillance, d'intimidation et de propagande, par toute une science de la manipulation médiatique, de l'"action psychologique", de la fabrication de preuves et de crimes, par la fusion aussi du policier et du judiciaire, d'anéantir la "menace subversive" en associant, au sein de la population, l'ennemi intérieur, l'ennemi politique à l'affect de la terreur.

L'essentiel, dans la guerre moderne, est cette "bataille des cœurs et des esprits" où tous les coups sont permis. Le procédé élémentaire, ici, est invariable : individuer l'ennemi afin de le couper du peuple et de la raison commune, l'exposer sous les atours du monstre, le diffamer, l'humilier publiquement, inciter les plus vils à l'accabler de leurs crachats, les encourager à la haine. "La loi doit être utilisée comme simplement une autre arme dans l'arsenal du gouvernement et dans ce cas ne représente rien de plus qu'une couverture de propagande pour se débarrasser de membres indésirables du public. Pour la meilleure efficacité, il conviendra que les activités des services judiciaires soient liées à l'effort de guerre de la façon la plus discrète possible", conseillait déjà, en 1971, le brigadier Frank Kitson [ancien général de l'armée britannique, théoricien de la guerre contre-insurrectionelle], qui en savait quelque chose.

Une fois n'est pas coutume, dans notre cas, l'antiterrorisme a fait un four. On n'est pas prêt, en France, à se laisser terroriser par nous. La prolongation de ma détention pour une durée "raisonnable" est une petite vengeance bien compréhensible au vu des moyens mobilisés, et de la profondeur de l'échec; comme est compréhensible l'acharnement un peu mesquin des "services", depuis le 11 novembre, à nous prêter par voie de presse les méfaits les plus fantasques, ou à filocher le moindre de nos camarades. Combien cette logique de représailles a d'emprise sur l'institution policière, et sur le petit cœur des juges, voilà ce qu'auront eu le mérite de révéler, ces derniers temps, les arrestations cadencées des "proches de Julien Coupat".

Il faut dire que certains jouent, dans cette affaire, un pan entier de leur lamentable carrière, comme Alain Bauer [criminologue], d'autres le lancement de leurs nouveaux services, comme le pauvre M. Squarcini [directeur central du renseignement intérieur], d'autres encore la crédibilité qu'ils n'ont jamais eue et qu'ils n'auront jamais, comme Michèle Alliot-Marie.

Vous êtes issu d'un milieu très aisé qui aurait pu vous orienter dans une autre direction…

"Il y a de la plèbe dans toutes les classes" (Hegel).

Pourquoi Tarnac?

Allez-y, vous comprendrez. Si vous ne comprenez pas, nul ne pourra vous l'expliquer, je le crains.

Vous définissez-vous comme un intellectuel? Un philosophe ?

La philosophie naît comme deuil bavard de la sagesse originaire. Platon entend déjà la parole d'Héraclite comme échappée d'un monde révolu. A l'heure de l'intellectualité diffuse, on ne voit pas ce qui pourrait spécifier "l'intellectuel", sinon l'étendue du fossé qui sépare, chez lui, la faculté de penser de l'aptitude à vivre. Tristes titres, en vérité, que cela. Mais, pour qui, au juste, faudrait-il se définir?

Etes-vous l'auteur du livre L'insurrection qui vient ?

C'est l'aspect le plus formidable de cette procédure : un livre versé intégralement au dossier d'instruction, des interrogatoires où l'on essaie de vous faire dire que vous vivez comme il est écrit dans L'insurrection qui vient, que vous manifestez comme le préconise L'insurrection qui vient, que vous sabotez des lignes de train pour commémorer le coup d'Etat bolchevique d'octobre 1917, puisqu'il est mentionné dans L'insurrection qui vient, un éditeur convoqué par les services antiterroristes.

De mémoire française, il ne s'était pas vu depuis bien longtemps que le pouvoir prenne peur à cause d'un livre. On avait plutôt coutume de considérer que, tant que les gauchistes étaient occupés à écrire, au moins ils ne faisaient pas la révolution. Les temps changent, assurément. Le sérieux historique revient.

Ce qui fonde l'accusation de terrorisme, nous concernant, c'est le soupçon de la coïncidence d'une pensée et d'une vie; ce qui fait l'association de malfaiteurs, c'est le soupçon que cette coïncidence ne serait pas laissée à l'héroïsme individuel, mais serait l'objet d'une attention commune. Négativement, cela signifie que l'on ne suspecte aucun de ceux qui signent de leur nom tant de farouches critiques du système en place de mettre en pratique la moindre de leurs fermes résolutions; l'injure est de taille. Malheureusement, je ne suis pas l'auteur de L'insurrection qui vient – et toute cette affaire devrait plutôt achever de nous convaincre du caractère essentiellement policier de la fonction auteur.

J'en suis, en revanche, un lecteur. Le relisant, pas plus tard que la semaine dernière, j'ai mieux compris la hargne hystérique que l'on met, en haut lieu, à en pourchasser les auteurs présumés. Le scandale de ce livre, c'est que tout ce qui y figure est rigoureusement, catastrophiquement vrai, et ne cesse de s'avérer chaque jour un peu plus. Car ce qui s'avère, sous les dehors d'une "crise économique", d'un "effondrement de la confiance", d'un "rejet massif des classes dirigeantes", c'est bien la fin d'une civilisation, l'implosion d'un paradigme : celui du gouvernement, qui réglait tout en Occident – le rapport des êtres à eux-mêmes non moins que l'ordre politique, la religion ou l'organisation des entreprises. Il y a, à tous les échelons du présent, une gigantesque perte de maîtrise à quoi aucun maraboutage policier n'offrira de remède.

Ce n'est pas en nous transperçant de peines de prison, de surveillance tatillonne, de contrôles judiciaires, et d'interdictions de communiquer au motif que nous serions les auteurs de ce constat lucide, que l'on fera s'évanouir ce qui est constaté. Le propre des vérités est d'échapper, à peine énoncées, à ceux qui les formulent. Gouvernants, il ne vous aura servi de rien de nous assigner en justice, tout au contraire.

Vous lisez "Surveiller et punir" de Michel Foucault. Cette analyse vous paraît-elle encore pertinente?

La prison est bien le sale petit secret de la société française, la clé, et non la marge des rapports sociaux les plus présentables. Ce qui se concentre ici en un tout compact, ce n'est pas un tas de barbares ensauvagés comme on se plaît à le faire croire, mais bien l'ensemble des disciplines qui trament, au-dehors, l'existence dite "normale". Surveillants, cantine, parties de foot dans la cour, emploi du temps, divisions, camaraderie, baston, laideur des architectures : il faut avoir séjourné en prison pour prendre la pleine mesure de ce que l'école, l'innocente école de la République, contient, par exemple, de carcéral.

Envisagée sous cet angle imprenable, ce n'est pas la prison qui serait un repaire pour les ratés de la société, mais la société présente qui fait l'effet d'une prison ratée. La même organisation de la séparation, la même administration de la misère par le shit, la télé, le sport, et le porno règne partout ailleurs avec certes moins de méthode. Pour finir, ces hauts murs ne dérobent aux regards que cette vérité d'une banalité explosive : ce sont des vies et des âmes en tout point semblables qui se traînent de part et d'autre des barbelés et à cause d'eux.

Si l'on traque avec tant d'avidité les témoignages "de l'intérieur" qui exposeraient enfin les secrets que la prison recèle, c'est pour mieux occulter le secret qu'elle est : celui de votre servitude, à vous qui êtes réputés libres tandis que sa menace pèse invisiblement sur chacun de vos gestes.

Toute l'indignation vertueuse qui entoure la noirceur des geôles françaises et leurs suicides à répétition, toute la grossière contre-propagande de l'administration pénitentiaire qui met en scène pour les caméras des matons dévoués au bien-être du détenu et des directeurs de tôle soucieux du "sens de la peine", bref : tout ce débat sur l'horreur de l'incarcération et la nécessaire humanisation de la détention est vieux comme la prison. Il fait même partie de son efficace, permettant de combiner la terreur qu'elle doit inspirer avec son hypocrite statut de châtiment "civilisé". Le petit système d'espionnage, d'humiliation et de ravage que l'Etat français dispose plus fanatiquement qu'aucun autre en Europe autour du détenu n'est même pas scandaleux. L'Etat le paie chaque jour au centuple dans ses banlieues, et ce n'est de toute évidence qu'un début : la vengeance est l'hygiène de la plèbe.

Mais la plus remarquable imposture du système judiciaro-pénitentiaire consiste certainement à prétendre qu'il serait là pour punir les criminels quand il ne fait que gérer les illégalismes. N'importe quel patron – et pas seulement celui de Total –, n'importe quel président de conseil général – et pas seulement celui des Hauts-de-Seine–, n'importe quel flic sait ce qu'il faut d'illégalismes pour exercer correctement son métier. Le chaos des lois est tel, de nos jours, que l'on fait bien de ne pas trop chercher à les faire respecter et les stups, eux aussi, font bien de seulement réguler le trafic, et non de le réprimer, ce qui serait socialement et politiquement suicidaire.

Le partage ne passe donc pas, comme le voudrait la fiction judiciaire, entre le légal et l'illégal, entre les innocents et les criminels, mais entre les criminels que l'on juge opportun de poursuivre et ceux qu'on laisse en paix comme le requiert la police générale de la société. La race des innocents est éteinte depuis longtemps, et la peine n'est pas à ce à quoi vous condamne la justice : la peine, c'est la justice elle-même, il n'est donc pas question pour mes camarades et moi de "clamer notre innocence", ainsi que la presse s'est rituellement laissée aller à l'écrire, mais de mettre en déroute l'hasardeuse offensive politique que constitue toute cette infecte procédure. Voilà quelques-unes des conclusions auxquelles l'esprit est porté à relire Surveiller et punir depuis la Santé. On ne saurait trop suggérer, au vu de ce que les Foucaliens font, depuis vingt ans, des travaux de Foucault, de les expédier en pension, quelque temps, par ici.

Comment analysez-vous ce qui vous arrive?

Détrompez-vous : ce qui nous arrive, à mes camarades et à moi, vous arrive aussi bien. C'est d'ailleurs, ici, la première mystification du pouvoir : neuf personnes seraient poursuivies dans le cadre d'une procédure judiciaire "d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", et devraient se sentir particulièrement concernées par cette grave accusation. Mais il n'y a pas d'"affaire de Tarnac" pas plus que d'"affaire Coupat", ou d'"affaire Hazan" [éditeur de L'insurrection qui vient]. Ce qu'il y a, c'est une oligarchie vacillante sous tous rapports, et qui devient féroce comme tout pouvoir devient féroce lorsqu'il se sent réellement menacé. Le Prince n'a plus d'autre soutien que la peur qu'il inspire quand sa vue n'excite plus dans le peuple que la haine et le mépris.

Ce qu'il y a, c'est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique: soit nous passons d'un paradigme de gouvernement à un paradigme de l'habiter au prix d'une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s'instaurer, à l'échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d'une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s'est jamais vu qu'une classe dominante se suicide de bon cœur.

La révolte a des conditions, elle n'a pas de cause. Combien faut-il de ministères de l'Identité nationale, de licenciements à la mode Continental, de rafles de sans-papiers ou d'opposants politiques, de gamins bousillés par la police dans les banlieues, ou de ministres menaçant de priver de diplôme ceux qui osent encore occuper leur fac, pour décider qu'un tel régime, même installé par un plébiscite aux apparences démocratiques, n'a aucun titre à exister et mérite seulement d'être mis à bas ? C'est une affaire de sensibilité.

La servitude est l'intolérable qui peut être infiniment tolérée. Parce que c'est une affaire de sensibilité et que cette sensibilité-là est immédiatement politique (non en ce qu'elle se demande "pour qui vais-je voter ?", mais "mon existence est-elle compatible avec cela ?"), c'est pour le pouvoir une question d'anesthésie à quoi il répond par l'administration de doses sans cesse plus massives de divertissement, de peur et de bêtise. Et là où l'anesthésie n'opère plus, cet ordre qui a réuni contre lui toutes les raisons de se révolter tente de nous en dissuader par une petite terreur ajustée.

Nous ne sommes, mes camarades et moi, qu'une variable de cet ajustement-là. On nous suspecte comme tant d'autres, comme tant de "jeunes", comme tant de "bandes", de nous désolidariser d'un monde qui s'effondre. Sur ce seul point, on ne ment pas. Heureusement, le ramassis d'escrocs, d'imposteurs, d'industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l'heure tient le pays, manque du plus élémentaire sens dialectique. Chaque pas qu'ils font vers le contrôle de tout les rapproche de leur perte. Chaque nouvelle "victoire" dont ils se flattent répand un peu plus vastement le désir de les voir à leur tour vaincus. Chaque manœuvre par quoi ils se figurent conforter leur pouvoir achève de le rendre haïssable. En d'autres termes : la situation est excellente. Ce n'est pas le moment de perdre courage.

Propos recueillis par Isabelle Mandraud et Caroline Monnot
Article paru dans l'édition du 26.05.09
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 07:00
Et si c'était ça le futur des interfaces hommes machines des futurs systèmes d'exploitation équipant nos ordinateurs préférés ;)

Hi from Multitouch Barcelona on Vimeo.

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 07:00
C'est peu dire que Cantona suscite une véritable passion outre manche. Voici un article qui le décrit très bien, le but dont on parle dans cet article qui est tout bonnement hallucinant, et un clip réalisé à la gloire de ce monsieur, chanté par...James Hetfield de Metallica ;) Juré, c'est pas moi qui ai fait le clip ;)

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Enquête
Cantona, une passion anglaise
LE MONDE | 26.05.09 | 09h41  •  Mis à jour le 26.05.09 | 21h12

STOCKPORT (GRANDE-BRETAGNE) ENVOYÉ SPÉCIAL

Plus de dix ans après avoir pris sa retraite, Eric Cantona est revenu en avril 2008 sur les lieux de ses exploits de 1992 à 1997, le stade Old Trafford. En assistant à la victoire de l'équipe de Manchester United sur l'AS Roma, il a alors pu encourager son ancien coéquipier Ryan Giggs, un Gallois qui court toujours sous le maillot rouge et qui s'apprête à disputer la finale de la Ligue des champions, mercredi 27 mai, contre Barcelone.

Ce jour-là, "Canto" était en ville pour le tournage de Looking for Eric, le nouveau film de Ken Loach, qui sort sur les écrans ce 27 mai après avoir été présenté à Cannes. Le cinéaste anglais a fait une entorse à son principe de ne pas travailler avec des vedettes. Pour la première fois, il a eu affaire à des paparazzis.

Tenue secrète, la présence de "King Eric" est vite éventée à Old Trafford. Des caméras de télévision le repèrent, puis le speaker fait une annonce. Aussitôt, les tribunes entonnent des chants à la gloire du célèbre attaquant, le numéro 7. Les gorges se déploient, parfois se nouent. A la fin du match, Cantona va saluer quelques amis. Selon Rebecca O'Brien, productrice de Looking for Eric, "cela faisait un drôle d'effet de voir les gens s'écartant sur notre passage pour se coller contre les murs. C'était comme s'ils avaient été touchés par la présence d'Eric Cantona". "Il y a quelque chose de moi qui m'échappe chez les autres", observe le héros, dans une "cantonade".

En fait, Cantona n'est pas revenu à Manchester parce qu'il n'en est jamais vraiment parti. Même en son absence, ses trois syllabes s'invitent dans les hymnes poussés par les supporteurs d'Old Trafford. Le maillot à son nom est toujours en vente, comme le tee-shirt, où son visage mutin se découpe sur une croix de Saint-Georges, avec ce slogan, conçu à l'origine pour Nike : "66 est une grande année pour le football anglais. Eric est né". C'est aussi l'année de la victoire anglaise en Coupe du monde de football.

Si nul n'est prophète en son pays, Cantona est définitivement des leurs : élu "joueur du siècle" en 2001 par les supporteurs de United puis "meilleur joueur de l'histoire de la Premier League" en 2005, il est le seul non-Britannique à être membre de la Fondation de l'English Football Hall of Fame. "Si un jour je dois revenir dans ce milieu, confie l'actuel sélectionneur de l'équipe de France de beach soccer (football de plage), ce sera pour être entraîneur de l'équipe nationale anglaise ou de Manchester."

Parolier du club de supporteurs d'Old Trafford et auteur à ce titre du chant Eric the King, Peter Boyle remarque qu'"Eric jouait au baby-foot dans les pubs. La plupart des joueurs fréquentent des restos chics. Je ne vois pas comment Nicolas Anelka pourrait être idolâtré. Je ne l'ai croisé qu'une fois en faisant mes courses. Il se la pétait en arrivant à fond dans sa bagnole de sport". Anelka a, il est vrai, un autre défaut majeur : avoir porté les couleurs de Manchester City, le voisin honni.

Avec le recul, Eric Cantona peut-il analyser les raisons de ce culte qui perdure ? "Je n'ai pas envie de tout savoir, dégage-t-il en touche. C'est comme pour une histoire d'amour, ça peut tuer la magie. Et une histoire d'amour est comme une grande œuvre. Il y a autant d'œuvres que d'observateurs. C'est pour cela qu'il ne faut jamais mettre un titre à un tableau."

"Je peing et je t'emmerde, je suis libre, moi", bougonnait sa marionnette des "Guignols" quand il se retira du football à l'âge de 30 ans. Admirateur de Rimbaud et de Jim Morrison, Cantona choisit de couper les ponts pour se consacrer à d'autres passions, la peinture, donc, et le cinéma. Dans le premier cas, on eut peu l'occasion de découvrir ses œuvres, à l'exception du nouvel habillage que le Marseillais conçut pour les bouteilles de Pastis 51. Quant à sa carrière d'acteur, elle n'a pas vraiment décollé. Affirmation qu'il rejette aussitôt : "Non, après L'Outremangeur, j'ai fait La vie est à nous, de Gérard Krawczyk, et Le Deuxième Souffle, d'Alain Corneau. C'est une belle filmographie. Qu'après douze ans on continue de me proposer des films comme ceux-là, je suis privilégié."

Certes, mais son plus grand rôle, celui où il a crevé l'écran, eut pour cadre Albion et ses pelouses. Aucune scène de violence cinématographique ne parviendra jamais à la cheville du mawashi-geri, le "coup de pied circulaire" qu'il administra à un spectateur insultant de Crystal Palace en janvier 1995. Et aucune réplique n'égalera sa métaphore baudelairienne, l'unique commentaire qu'il fit en conférence de presse après sa suspension des terrains pour neuf mois : "Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent qu'on va leur jeter des sardines."

Difficile d'être plus théâtral que lui : col relevé, menton dressé, torse bombé. "C'est un personnage qui rend lyrique, estime Marc Dolisi, auteur du roman adapté du film (Looking for Eric, éd. Le Serpent à plumes, 224 p., 17, 90 €). Ce qui frappe, c'est qu'il ne regarde jamais ses pieds, alors que Zidane, par exemple, le fait tout le temps. Dans ce registre, Cantona aurait un équivalent à Manchester, Cristiano Ronaldo. Ce qui les distingue, c'est que Ronaldo a de la vanité et Cantona de l'orgueil."

La comédie de Ken Loach offre à revoir le but inouï qu'il inscrivit contre Sunderland en 1996, qualifié d'"orgasme footballistique" par l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano.

Autant que l'acte lui-même, on a retenu le "post". Un autre aurait folâtré sur l'herbe, lui reste impassible puis sourit. C'est un "Alors heureux ?" qu'il semble adresser au public. Il se défend pourtant de toute mise en scène : "Si j'ai joué, c'est seulement au foot. Jamais je n'ai prévu telle ou telle célébration de but. Parce qu'il était trop bon de laisser vivre cela dans l'instant et de le partager ensemble. Ma plus grande fierté dans la vie est de n'avoir jamais pensé à ce que je ferais une minute après." Looking for Eric, pour lequel il a monté les marches cannoises au bras de son épouse, l'actrice Rachida Brakni, ne repose pas sur une géniale improvisation mais bien sur une "idée originale" d'Eric Cantona, "deux pages, plus sur les fans que sur moi", précise-t-il. Il a pensé à Ken Loach parce qu'il aime "le cinéma social, le sien, celui de Pasolini, Fassbinder, et de Bertrand Bonello" et parce que Loach, supporteur de Bath (club de 5e division), est "très proche de ce que sont les fans de foot anglais".

Son chef monteur, aussi, qui a censuré, dans le film, toute image de but encaissé par son club, Arsenal. L'initiative de Cantona renvoie à la déclaration publique qu'il fit en 1992 aux supporteurs de Leeds, à peine débarqué et déjà champion d'Angleterre. Prononcé avec l'accent du Vieux-Port, "I love you, I don't know why but I love you" marqua le coup d'envoi de la cantomania. "Je ne connaissais de l'Angleterre que les buts étrangers qui passaient à la fin de "Stade 2", mon moment préféré, se souvient-il. J'avais arrêté le foot en France, cela faisait trois mois que je ne faisais rien. C'est Platini qui m'a conseillé de tenter ma chance là-bas. Je lui avais dit : "Ici, en France, le foot n'est pas celui auquel je rêvais", alors que quand j'étais jeune j'aurais payé pour être joueur."

A l'entendre, "tout est différent" sur l'île de cocagne : "Les fans, les joueurs, plus matures qu'ailleurs : ce sont des hommes. Tous les dimanches, c'est un grand match. Et il y a une vraie identité par club. Manchester joue comme il y a cinquante ans. Des personnalités se sont exprimées : George Best, Roy Keane, moi. Ailleurs, on n'en aurait pas voulu." Désirer Cantona se méritait.
Bruno Lesprit

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Le but contre Sunderland en 1996



Un super clip, sur une chanson de Metallica, à la gloire de Canto !



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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 07:00
3 fois 'Non', mais on affirme vouloir oeuvrer pour trouver une solution à la Paix au Moyen-Orient. N'y-a-t-il pas une mauvaise foi quelque part ?

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Tiré de la Newsletter du journal 'Le Monde' daté du 25 Mai 2009

Israël inflexible
Tel-Aviv a opposé hier un triple "non" à la création d'un Etat
palestinien souverain, à un retour aux frontières de 1967 et à un gel de la colonisation, tout en affichant une volonté d'ouverture.
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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 07:00
Encore un article qui va dans le sens de la médiocrité de certaines personnes agissant dans le domaine juridique... A un drame initial, la Loi, aveugle comme chacun sait (...et bien souvent médiocre...), applique des sentences totalement à contre-temps de la réalité et inhumaine.

A quand le développement d'un logiciel qui serait chargé de dire le Droit ? Trop con ? Trop inhumain ? Oui, mais au moins on aurait une excuse ! Tandis que dans ce cas, la Cour d'Appel ne peut pas dire que le Droit a été donné par une machine et n'a donc pas d'excuse : son juge a été con, incompétent et médiocre... Telle est la réalité de notre Justice aujourd'hui, telle est la réalité de notre société gouvernée par une telle incompétence...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Mai 2009

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Le cadavre, la cour d'appel et le trouble anormal de voisinage


Elle s'appelait Daphné, elle était très âgée et vivait seule dans son appartement parisien. Elle est morte dans la nuit du 8 au 9 août 2003, victime de la canicule. Son aide ménagère n'a découvert son cadavre décomposé que quatre jours plus tard.

Lorsqu'elle est rentrée de vacances fin août, la voisine du dessous de Daphné a découvert " des coulures de liquide et de matières " qui empestaient son appartement. Elle a sollicité le service de l'hygiène de la Ville de Paris qui a dû procéder à des pulvérisations d'eau de javel pour nettoyer son domicile, rendu inhabitable pendant deux ans. Ici finit l'histoire de Daphné. Ici commence une singulière bataille juridique.

En 2004, la voisine décide d'agir en justice contre la fille de Daphné pour obtenir des dommages et intérêts. Elle évalue son préjudice matériel à plus de 10 000 euros, la perte de la jouissance de son appartement à 11 000 euros et demande en outre 10 000 euros de préjudice moral.

A l'appui de sa plainte, elle soutient d'une part que Daphné " a commis une faute en souillant l'appartement de ses voisins " (article 1382 du code civil : " Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ").

Elle relève d'autre part que si la fille et unique héritière de Daphné avait " pris journellement des nouvelles de la santé de sa mère, elle aurait rapidement constaté que celle-ci était décédée et les produits de décomposition n'auraient pas détérioré - son - appartement ". Elle souligne en conséquence qu'" en ne s'enquérant pas de sa mère, âgée et impotente, pendant la période de canicule ", la fille de Daphné a commis une faute de " négligence ou d'imprudence " (article 1383 du code civil). Elle observe enfin que le cadavre de Daphné " est une chose " dont sa fille avait la garde et que sa responsabilité doit être engagée sur le fondement de l'article 1384 du code civil (" On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa garde ").

" ECOULEMENTS "

En réponse, la fille de Daphné fait valoir qu'il ne peut lui être reproché d'avoir délaissé sa mère, une aide ménagère se rendant deux fois par semaine à son domicile et que la canicule d'août 2003 a constitué " un cas de force majeure ", l'exonérant de sa responsabilité.

L'affaire est venue devant le tribunal de grande instance de Paris qui a débouté la voisine en janvier 2007. Elle a fait appel de ce jugement et obtenu gain de cause devant la cour d'appel de Paris. Dans un arrêt rendu le 28 janvier 2009, la cour constate que l'appartement de la voisine a bien été " souillé par des écoulements et des odeurs provenant de l'appartement du dessus du fait que la dépouille mortelle est restée plusieurs jours sans être enlevée ". Elle relève qu'en application de l'article 724 du code civil (" Les héritiers désignés par la loi sont saisis de plein droit des biens, droits et actions du défunt "), la responsabilité de la fille de Daphné est engagée " à raison des dommages anormaux " qui ont été causés dans l'appartement de la voisine et que la canicule de 2003 ne constitue pas " un événement imprévisible et irrésistible susceptible de l'exonérer ".

En conséquence, la cour a condamné la fille de Daphné à payer 11 857 euros de dommages et intérêts. Elle a simplement revu à la baisse son préjudice moral, évalué à 1 000 euros. Le bilan des vingt mille morts de la canicule d'août 2003 s'est alourdi d'un trouble de voisinage.

Pascale Robert-Diard

Dans le blog Chroniques judiciaires de Pascale Robert-Diard,
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Published by James Hetfield - dans Société
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 07:00
C'est vraiment à se tordre de rire ! Sous prétexte que le personnel syndiqué à la SNCF peut se permettre de gérer son syndicat à plein temps, le personnel se tire la bourre pour savoir qui aura le pouvoir syndical et qui va pouvoir glander le plus !

Ca donne bien le La concernant la mentalité qu'il y a dans cette boite à cons... M'enfin : le PDG étant un débile profond, il n'est pas étonnant que le personnel agisse de même...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 19 Mai 2009

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SNCF : les " gros " syndicats étouffent les " petits "
Les tensions entre les organisations sont la conséquence de la réforme de la loi sur la représentativité
   
Pendant une fraction de seconde, Guillaume Pepy s'est demandé s'il n'allait pas devoir séparer les belligérants. L'altercation a eu lieu début mai, alors que le président de la SNCF rencontrait des représentants des cheminots. Avant même que la réunion ne commence, les élus de la CGT et de SUD-Rail se sont copieusement invectivés devant leur patron, un peu effaré. " Je ne comprends pas. D'habitude, c'est à moi que vous vous en prenez ", leur a, en substance, fait remarquer M. Pepy.

    La CGT, première organisation avec 39,30 % des suffrages

Le scrutin de mars Les élections professionnelles à la SNCF du 26 mars concernaient 27 comités d'établissements (CE) : 23 régionaux, 3 directions centrales (transverses, clientèle et infrastructures) et 1 CE Fret.

Les résultats A l'issue du scrutin, la CGT a obtenu 39,30 % des voix, un score suffisant pour signer un accord d'entreprise mais en deçà des 50 % requis pour dénoncer un accord. L'UNSA, qui a obtenu 18,05 %, fait partie des syndicats représentatifs puisqu'elle a obtenu plus de 10 % mais ne peut pas signer d'accord d'entreprise sans s'adosser à une autre organisation, tout comme SUD-Rail (17,67 %). La CFDT (fusionnée avec la FGAAC) a eu 11,59 % des voix. FO et la CFTC n'ont pas franchi les 10 % au niveau national mais FO dépasse les 10 % dans neuf régions et la CFTC dans cinq.
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Depuis quelques semaines, les accrochages entre syndicalistes de la SNCF se multiplient. Ces tensions sont la conséquence directe des élections professionnelles du 26 mars, qui ont divisé le paysage en deux camps.

D'un côté, il y a la CGT, l'UNSA, SUD-Rail et la CFDT - alliée à la FGAAC (agents de conduite, autonomes) - qui ont recueilli au moins 10 % des voix sur le plan national et qui sont donc considérées comme représentatives, en vertu de la loi du 20 août 2008 " portant rénovation de la démocratie sociale ".

De l'autre, il y a FO et la CFTC, sous la barre des 10 %. Ces deux organisations n'étant plus représentatives, elles ne peuvent désormais ni négocier ni signer d'accord - ce qui est conforme à la nouvelle législation. Ce qui l'est moins en revanche, selon elles, c'est l'application de nouvelles règles dans les régions ou dans les établissements où elles ont obtenu plus de 10 % des suffrages : même à ces échelons-là, elles sont chassées des postes-clés à cause des pratiques anti-démocratiques du " gang des quatre ", selon la formule d'Eric Falempin, secrétaire général de FO-cheminots.

Comme après chaque élection à la SNCF, les syndicats se sont rencontrés en avril pour rédiger un " accord de gestion " sur la répartition des responsabilités dans diverses instances de l'entreprise. Mais cette fois-ci, seules les quatre organisations " représentatives " ont participé à ce " Yalta ". Première décision : désigner des représentants au comité central d'entreprise (CCE). La CFDT, la CGT, SUD et l'UNSA se sont partagé les sièges dévolus aux personnels. Deuxième décision - qui indigne FO et la CFTC : désormais, pour décrocher les postes-clés dans les 27 comités d'établissement (CE) et dans les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), les syndicats devront glaner 20 % des voix, contre 10 % jusqu'alors.

Cette nouvelle disposition " vise très clairement à évincer FO et la CFTC ", dénonce Bernard Aubin, de la CFTC-Transports. Dans le comité d'établissement de Lorraine, par exemple, le syndicat chrétien est exclu des fonctions décisionnelles, bien que 15 % des cheminots aient voté pour lui. L'inspection du travail de Metz, qui a été saisie, a indiqué par écrit que cette situation pourrait être assimilée à une " inégalité de traitement ".

D'autres incidents sont venus troubler l'atmosphère. Bien qu'elle soit arrivée en tête à Strasbourg, la CFTC n'assurera pas le secrétariat du comité d'établissement. " Il nous paraissait délicat de confier cette responsabilité à une personne issue d'un syndicat ne siégeant pas au CCE, explique Xavier Ulrich, responsable régional de l'UNSA-cheminots. Comme les dossiers examinés au niveau régional découlent d'orientations nationales, il est important d'être au courant de ce qui se décide à Paris. "

" C'est tout de même raide d'apprendre que dans des régions où la CTFC a obtenu plus de 10 % et est donc représentative, des syndicalistes de l'UNSA disent à nos militants : "Qu'est-ce que vous foutez à cette réunion ?" ", tempête M. Aubin. Pour de simples rencontres relatives - par exemple - à la sécurité des cheminots, " nous ne sommes plus invités ", note M. Falempin. Cette mise à l'écart s'effectue " avec la complicité de la direction ".

" JE RESPECTE TOUT LE MONDE "

Même s'il fait partie du " club des quatre ", SUD-Rail désapprouve certaines pratiques. " Nous avons récemment organisé une réunion interfédérale à propos des contrôleurs, raconte l'un de ses responsables, Christian Mahieux. La CGT et l'UNSA ont demandé à la CFTC et à FO de quitter la salle en leur expliquant qu'il était hors de question pour elles de signer une expression commune avec les autres fédérations. " Pour M. Mahieux, tous les syndicats de la SNCF ont vocation à participer à ce type de rencontres.

" Je respecte tout le monde ", rétorque le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste. " L'accord de gestion " correspond à des usages établis depuis les années 1980, souligne-t-il, en ajoutant : " Les quatre organisations dites représentatives ont élaboré un texte conforme à la législation. Après discussion, elles ont estimé que pour les comités d'établissement et les CHSCT, le seuil de 20 % s'imposait au regard de la situation créée par la loi de 2008. " A charge pour les syndicats " qui ne se sont pas qualifiés " à l'issue des élections du 26 mars de le faire au prochain scrutin, dit M. Le Reste.

La tâche se révèle difficile pour FO et pour la CFTC dont la visibilité va aller en s'amoindrissant. Elles conserveront leurs locaux syndicaux jusqu'en mars 2010, la direction leur ayant donné un an pour déménager. Mais après cette date, il faudra trouver d'autres solutions. Bon nombre de leurs permanents ne pourront plus consacrer tout leur temps au syndicalisme puisqu'ils vont être remis à disposition de l'entreprise. Le crédit d'heures de délégation syndicale alloué à ces deux syndicats va aussi fondre.

Autrement dit, leur capacité à peser dans le rapport de force est en jeu. " Si une organisation n'est plus capable de nuire, elle n'est plus écoutée, rappelle Bruno Duchemin, responsable de la FGGAC. C'est la culture du dialogue social à la SNCF. Peut-être faudra-t-il la changer. "

Bertrand Bissuel et François Bostnavaron
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