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La SNCF, le Basket, la société, la politique...
En bref : MES TAS DE TRUCS ;)

L'arrêt de mon affaire a été rendu.
- Je suis condamné pour 'refus d'obtempérer' à 150Euros d'amende.
- Je dois en plus 83Euros à la SNCF au titre du PV initial.
- La SNCF a complètement été déboutée de son atteinte à l'image concernant l'arrêt de 20mn en Gare de Moirans. Pour info, elle demandait 2000Euros de dommages et intérêts à ce titre.
- Je dois débourser, au titre de remboursement des frais de justice, 500Euros à la SNCF. Pour info, la SNCF demandait 1000Euros à ce titre.

Un pourvoi en Cassation a été initié.

Je ne ferai pas plus de commentaires sur le dossier en cours, car ce blog est lu et est même très lu par les avocats de la SNCF, qui, n'ayant rien à se mettre sous la dent sur le fond de l'affaire, traquent le moindre de mes dérapages sur ce blog ;)

Donc, pour le moment, je me tais... Mais n'ayez crainte : ce n'est pas parce que je ne parle plus de cette affaire sur ce blog, que je n'en parlerai plus jamais ;)

Il y a énormément de choses à dire et je les dirai en temps et en heure : d'ici là... patience ;)

Archives

De la pub




14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 21:20
Bon, vous savez maintenant tous que mon groupe préféré est 'Dream Theater'.

Je vous ai déjà présenté, à travers ce blog, les prouesses techniques du clavier (Jordan Rudess) et du batteur (Mike Portnoy).

Je vous présente aujourd'hui le fabuleux, l'extraordinaire John Myung. John est d'une discretion extraordinaire, à tel point que les commentaires sur YouTube, dont je tire cette vidéo, s'extasie devant le fait que le bonhomme...est capable de parler ;)

En tous cas, il est capable de tirer des sons d'une basse que je n'aurais jamais crus possibles !

J'ai toujours considéré que tous les musiciens de ce groupe pouvaient prétendre, indépendamment, au titre de meilleurs musiciens au monde pour leurs instruments respectifs.

Cette vidéo montrera aisément que le niveau du bonhomme est au top mondial : je vous laisse juges ;)


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Published by James Hetfield - dans Musique
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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 12:50
Dans mon voyage à travers les archives du journal 'Le Monde' que je conserve, je suis retombé sur cet article de Monsieur Michel Pébereau.

Pour ceux pour qui ce nom ne dit rien, il faut se rappeler que Monsieur Pébereau était président du conseil d'administration de BNP Paribas en 2003, et que c'est un de ses rapports qui a dirigé la fameuse campagne : 'un non remplacement sur deux des fonctionnaires partant à la retraite'.

En effet, ce Monsieur pense que l'on peut gagner 5% de productivité dans la fonction publique en ne remplaçant pas quelques 250.000 fonctionnaires sur 7 ans : ainsi, on retombe à peu près sur les chiffres faisant partie de la campagne présidentielle.

Quant à l'article de Monsieur Pébereau, on est là dans un déni total de démagogie. Est-ce qu'il a raison ? Est-ce qu'il a tort ? Je serais bien en peine de répondre... Mais il n'empêche que le discours se tient et que les démonstrations sont claires et efficaces. Maintenant, sont-elles justes ?


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POINT DE VUE
Et si on travaillait, tout simplement ?, par Michel Pébereau
LE MONDE | 04.10.03 | 12h09
   
On ne raconte pas assez aux jeunes générations d'où vient la France. En 1945, notre pays était profondément meurtri par l'enchaînement de deux guerres mondiales, et payait en outre son faible développement entre ces deux conflits. En cinquante ans, la France est devenue une nation prospère et dotée de systèmes de solidarité efficaces, où une majorité d'habitants jouit d'un confort matériel suffisant pour apprécier le plus important, c'est-à-dire l'immatériel.

Les raisons de ce bond en avant ? Le choix du marché et le travail des millions de Français qui ont su s'adapter à ce choix. La France, vieille nation paysanne et jeune puissance industrielle, est devenue l'un des premiers peuples commerçants de la planète. C'est ce qui explique, dans les décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale, le développement économique qui a permis la transformation du niveau et du mode de vie des Français.

Il est temps de nous rappeler les leçons de cette période, alors qu'aujourd'hui nous doutons de notre avenir. Il existe en effet un malaise français, tenant au sentiment confus que la "douceur angevine" qui fut la nôtre depuis quelques décennies serait appelée à disparaître, du fait du ralentissement de la croissance de notre pays comparée à celle de ses voisins.

Mais il n'y a pas de fatalité. Nous devons retrouver le goût de l'effort et l'envie de réussir qui ont permis à nos parents de faire de la France le havre d'humanisme et de prospérité qu'elle voudrait demeurer. Les raisons de nos difficultés, et donc les remèdes, sont à chercher du côté de ce qui a permis la formidable transformation de la France : le travail des Français et l'adaptation de notre pays au marché.

Au cours du dernier demi-siècle, notre pays a fait le choix de l'Europe et du marché.

Il a élargi son marché intérieur aux frontières de l'espace européen ; il est devenu un acteur à part entière de la mondialisation. Les emplois des Français ont changé de nature, de niveau de qualification et de productivité. Notre appareil de production n'a plus rien à voir avec celui des années 1960. Grâce à cette transformation, en quarante ans, nos exportations de marchandises ont doublé en pourcentage du PIB et en représentent aujourd'hui 22 %. La France est dans ce domaine au 4e rang mondial, nettement devant le Royaume-Uni et l'Italie. Elle est, avec l'Italie, le seul grand pays européen dont la part de marché mondial de produits manufacturés n'a pas fortement reculé en trente ans, malgré la montée en puissance de pays émergents. Dans le domaine des services, elle se situe parmi les premiers exportateurs mondiaux, avec des ventes représentant plus de 5 % de son PIB.

La production française est devenue compétitive au niveau mondial. Jusque dans les années 1980, notre pays fut malade de son commerce extérieur : ses échanges commerciaux étaient, comme ses paiements courants, structurellement déficitaires. Cela nous a contraints à maintenir une réglementation des changes plus longtemps que nos grands partenaires, et à recourir souvent aux dévaluations pour rétablir la compétitivité de nos produits. Depuis le début des années 1990, les déficits structurels se sont transformés en excédents récurrents pour notre commerce extérieur comme pour nos paiements courants, et aucune dévaluation n'a été nécessaire. Chaque année, nos paiements courants apportent un excédent de l'ordre de 2 % de notre PIB pour financer l'économie nationale.

Ce succès macroéconomique, ce sont nos entreprises qui l'ont conquis jour après jour dans la microéconomie, c'est-à-dire dans le monde réel. Les dérives et déboires de certains font les délices des journaux, mais pour un Moulinex, combien de L'Oréal, d'Air liquide ou de Total ? Là où la France ne comptait il y a vingt ans qu'un champion national, nous avons construit presque partout, un champion européen ou mondial : du pétrole à l'assurance, en passant par le ciment, le verre, l'automobile, l'aéronautique, l'hôtellerie, l'eau et l'assainissement, la grande distribution, la banque, etc., la liste est longue des entreprises françaises qui figurent désormais parmi les cinq premières sur le marché européen ou mondial.

Mais, autant que des grands groupes, nos performances sont le fruit des efforts d'entreprises petites où moyennes qui ont su s'imposer des normes de qualité et de prix draconiennes pour être compétitives. Nos compatriotes ont l'esprit d'entreprise, et le démontrent à la tête de PME comme dans l'encadrement de grands groupes internationaux. Dans la grande compétition de l'économie marchande, les Bleus jouent pour les premières places. Les millions de Français qui exercent une profession marchande se sont adaptés, au prix d'efforts - parfois de sacrifices - considérables : notre pays leur doit en grande partie ce qu'il est aujourd'hui.

Pourtant, si nos entreprises continuent de progresser, leur effort ne suffit plus à assurer à la France un essor comparable à celui de ses grands partenaires. En matière de création de richesse, c'est-à-dire de croissance économique, notre pays, dont les performances dans les années 1960 et 1970 surpassaient régulièrement celles des Etats-Unis et n'étaient guère dépassées que par le Japon, est rentré dans le rang. Le PIB moyen des Français par tête augmentait encore de 0,6 % de plus chaque année que celui des Américains (2,7 % contre 2,1 %) dans la décennie du premier choc pétrolier ; il a progressé de 0,4 % de moins que celui-ci dans les années 1980 (1,8 % contre 2,2 %) et de 0,8 % de moins dans les années 1990 (1,4 % contre 2,2 %).

De même, entre Français et Anglais, l'écart des taux de croissance du PIB par tête, en notre faveur à hauteur de 0,9 % par an dans les années 1970, a été en notre défaveur pour 0,7 % par an dans les années 1980 et pour 0,5 % par an dans les années 1990. Chaque année, la production moyenne par habitant (donc le revenu) des Français progresse. Mais, au cours de la décennie 1990, celle des Anglais a progressé à une vitesse supérieure d'un tiers, celle des Américains à une vitesse supérieure de moitié. Comment expliquer cette situation ? Comment la corriger ?

La création de richesse n'est possible, en longue période, que par la production. Celle-ci résulte d'une combinaison complexe de travail et de capital, ainsi que de facteurs liés à l'environnement de ces forces productives, à leur organisation, à leur créativité. Seule la détérioration de notre position compétitive dans l'un ou l'autre de ces domaines peut expliquer l'affaissement relatif de notre dynamique de développement.

Le capital est largement disponible car les Français sont de grands épargnants, et leurs échanges extérieurs dégagent une réelle capacité de financement. Au demeurant, il existe aujourd'hui un véritable marché global du capital pour l'ensemble des pays développés, compte tenu de la sécurité juridique qu'ils assurent et de la liberté de circulation qui s'est établie : il suffit qu'un pays soit attractif pour que les capitaux viennent s'y investir. Notre problème se situe donc ailleurs : au niveau du travail, et de l'environnement, au sens large, de la production.

Le travail d'abord. Les économistes de tout bord, des marxistes aux libéraux, s'accordent pour une fois avec le bon sens élémentaire : le travail est indispensable à la production. Toutes choses égales par ailleurs, la production d'un pays est inévitablement proportionnelle à la quantité de travail qui y est fournie. Or les vingt dernières années ont été marquées par une considérable réduction de la quantité de travail des Français. Nous avons différé l'âge d'entrée dans la vie active et avancé l'âge de départ en retraite ou préretraite dans des proportions qui n'ont guère d'équivalent chez nos concurrents. Nous sommes installés dans une situation où près de 8 % de nos travailleurs sont empêchés de produire par notre chômage structurel, dû à une surréglementation du travail et aux charges sociales excessives qui alourdissent son coût minimum.

Nous avons ajouté à ces handicaps une réduction du temps de travail plus importante que celles de nos compétiteurs : les horaires travaillés des Français étaient proches de ceux des Américains en 1980, alors que ceux des Allemands, des Italiens ou des Britanniques étaient inférieurs (de 6 % à 7 %) à ceux-ci. De 1980 à 2002, les horaires travaillés en France ont baissé de 14,4 % par rapport aux Etats-Unis, alors qu'ils n'ont baissé que de 11,3 % en Allemagne, 8,7 % au Royaume-Uni et 6,9 % en Italie. Comment s'étonner que la croissance potentielle américaine soit devenue dans le même temps plus importante que celle des grands pays européens ? Si les Américains utilisent leurs gains de productivité pour accroître leur production quand les Allemands et les Français les consacrent à la réduction du temps de travail, comment s'étonner que la France et l'Allemagne aient une croissance inférieure à celle des Etats-Unis ?

Un sociologue, Paul Yonnet, rappelait récemment que le gendre de Karl Marx, dans Le Droit à la paresse, avait proposé de libérer l'homme de cette servitude insupportable qu'est le travail et considérait que cet objectif serait atteint lorsque la durée moyenne effective de travail individuelle serait inférieure à trois heures par jour. Or, en France, dit Paul Yonnet dans Travail, loisir, temps libre et lien social (1999), "cette durée moyenne est selon l'Insee de 2 heures 32 minutes par jour chez les Français de plus de 15 ans" ; et d'ajouter : "Le temps passé par nos concitoyens devant leur poste de télévision est de 3 heures 22 minutes par jour."

Combien de dizaines de points de base de croissance en plus si chaque Français troquait une demi-heure quotidienne de télévision contre une demi-heure de travail supplémentaire ? Sans compter les avantages en termes de lien social, domaine dans lequel la fonction du travail devient d'autant plus fondamentale que les autres liens se distendent, et sans compter le bénéfice en termes d'épanouissement individuel, puisque la proportion d'activités professionnelles pénibles diminue régulièrement, à l'inverse semble-t-il de la part des émissions aliénantes dans les programmes télévisés.

Mais remobiliser l'exceptionnelle force de travail des Français ne suffit pas. A l'heure de la mondialisation, les espaces économiques sont en concurrence les uns avec les autres. Il faut convaincre les investisseurs que notre espace national est compétitif pour le développement de l'activité marchande.

Ses atouts ne manquent pas. Naturels d'abord, avec sa position géographique. Patrimoniaux ensuite, avec l'héritage d'infrastructures accumulé par les deux millénaires de travail des générations précédentes. Humains enfin, avec les valeurs de notre société, le niveau d'éducation et la qualité individuelle des hommes et des femmes de notre pays.

Mais les dépenses publiques représentent plus de la moitié de notre PIB. Les prélèvements obligatoires ont de ce fait un poids écrasant en France : 45 % du PIB contre 41 % en moyenne dans l'Union européenne, 37 % au Royaume-Uni, 29 % aux Etats-Unis. Ils restreignent d'autant le champ de l'économie marchande.

Cette sphère publique considérable n'optimise par définition pas ses choix en fonction des priorités de la croissance économique. Les comparaisons internationales montrent ainsi qu'elle donne trop peu de place à la recherche-développement si importante pour l'innovation, et donc à long terme pour la production. Et notre système fiscal pénalise particulièrement les facteurs de production qui peuvent choisir facilement leur pays d'implantation : les salariés à haut revenu, les patrimoines financiers. Nous sommes, en outre, identifiés comme l'un des pays qui soumet les entreprises aux réglementations les plus contraignantes dans tous les domaines.

C'est pourquoi l'allégement de nos réglementations et la réforme de la sphère publique sont si nécessaires et urgents. Les Français salariés aiment leur entreprise : les sondages le prouvent. Pourquoi nos concitoyens ne seraient-ils pas d'accord pour créer les conditions du succès de l'équipe de France des entreprises ?

Il y a vingt-cinq ans, le Royaume-Uni était l'homme malade de l'Europe. Les Britanniques se sont ressaisis. A plusieurs reprises, on a parlé du déclin américain face aux succès japonais ou à la renaissance européenne. Mais les Etats-Unis ont toujours su trouver le chemin d'une nouvelle frontière. Et nous ? Peu d'observateurs nous pensaient capables de devenir de grands acteurs d'une économie de marché mondiale. Est-il impossible de surprendre à nouveau ?

Les voies de notre renaissance sont faciles à discerner, mais pas forcément agréables à emprunter, car elles reposent sur le courage individuel et collectif. Il est en effet raisonnable d'attendre notre prospérité du travail plutôt que des loisirs, du marché plutôt que de l'Etat, de l'Europe plutôt que de la nation.

Notre prospérité, tout d'abord, viendra du travail plutôt que des loisirs. Les faits sont têtus : la France est un pays riche, mais c'est le travail, ou plus exactement sa valeur marchande, qui fait cette richesse. Si nous n'en sommes pas davantage conscients, nous risquons de dilapider l'héritage des "trente glorieuses". L'aspiration de tous aux loisirs est naturellement légitime, mais la civilisation des loisirs, elle, est un mythe aussi peu réaliste que la fin de l'Histoire ou la guerre propre.

Cette illusion a été entretenue simultanément par des spéculateurs espérant s'enrichir en dormant et des doctrinaires qui s'obstinaient à voir dans le travail la machine d'aliénation taylorienne qu'il a largement cessé d'être. Or, si l'économie de marché est insuffisante à construire un projet de société, l'hédonisme est pour sa part incapable de fonder un modèle économique assurant le niveau de vie des Français.

Le dynamisme d'un pays dépend du désir de promotion intellectuelle et sociale de ses habitants. La récente prospérité française s'est construite hors des approches théoriques et des controverses partisanes, sur un subtil mélange de valeurs industrieuses, d'esprit créatif et de tonus commercial. Avant de débattre de la répartition des richesses, il faut d'abord assurer leur production. Il faut pour cela réhabiliter et encourager cette France qui n'est ni spécialement d'en bas ni spécialement d'en haut, et où tous ceux qui le désirent ont leur place : la France qui travaille et vend son travail.

Notre prospérité viendra du marché plutôt que de l'Etat, parce que, si on laisse de côté le grave sujet de l'exclusion, le vrai problème d'une majorité des Français n'est pas tant celui du partage des ressources sous l'égide de l'Etat que celui du maintien de notre niveau élevé de création de richesse. Or ce niveau résulte fondamentalement de la capacité de nos entreprises à dégager une forte valeur ajoutée par la vente de leurs produits et services. Dans ce contexte, tout ce qui favorise la compétitivité de notre espace national est vital pour notre avenir ; inversement, tout ce qui la pénalise contribue à notre appauvrissement collectif.

Notre prospérité, enfin, viendra de l'Europe plutôt que de la nation, parce que les aspirations des peuples en termes de valeurs philosophiques et religieuses, de partage et de protection sociale, de rapport à l'autorité, de style de vie et d'organisation familiale sont très proches d'un pays européen à l'autre, alors qu'elles sont différentes de celles qui existent en Amérique, en Asie ou en Afrique.

La société européenne existe dans les faits, et tout projet de société qui se décide à un autre niveau porte un risque de division entre des peuples qui attendent la même chose et auraient intérêt à s'unir davantage pour l'obtenir. L'Europe seule est capable de faire entendre et respecter la voix des différents pays qui la composent face aux grandes puissances politiques que sont les Etats-Unis, le Japon, l'Inde et la Chine, à l'heure de la mondialisation de l'économie, à l'heure du rééquilibrage des relations internationales, à l'heure des grands débats sur l'avenir de notre planète.

Michel Pébereau est président du conseil d'administration de BNP Paribas.

Article paru dans l'édition du 05.10.03.

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 22:00
Je préfère quand on parle de la SNCF de cette façon ;) Un petit moment de détente qui nous changera de la réforme des régimes spéciaux ;)


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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 18:30
Récemment, sur ce même blog, j'ai publié un billet en déplorant que mes amis de la SNCF ne se soient pas mobilisés pendant l'été.

En effet, la loi sur le service minimum a été publiée au JO et des actions ultérieures ne pourront être que plus limitées (par le fait de prévenir deux jours à l'avance par rapport à une grève, et surtout un vote de la reprise à bulletins secrets évitant les pressions des petits camarades).

Quelles actions ultérieures ? Comme je l'ai dit, par la mise en place de la suppression des régimes spéciaux dans la boite. La preuve ? Cet article du journal 'Le Monde' daté du 07/09/2007 où l'on démontre clairement que ce point fait partie des priorités du présent gouvernement...

Quoiqu'il en soit, mes amis de la SNCF, je vous rappelle que vous arrivez trop tard ! Vous arrivez après la bataille... Mais à chaque fois que je dis et affirme ces faits, on me dit que je suis aigri...

Comme toujours et perpétuellement dans la boite des fainéants : "Quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt".

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Le gouvernement accélère la réforme emblématique des régimes spéciaux de retraites

ABANDONNÉE en 1995 par Alain Juppé, volontairement oubliée en 1993 par Edouard Balladur puis en 2003 par François Fillon, la réforme des régimes spéciaux de retraite est de nouveau au programme de la droite. Le président donnera le signal du départ d'une réforme d'ampleur, au Sénat, le 18 septembre, devant les partenaires sociaux et les journalistes d'information sociale.

" Je ferai la réforme de régimes spéciaux de retraites. C'est une question de justice ", a confirmé, jeudi 6 septembre, à Colmar, Nicolas Sarkozy. Dans la perspective des élections municipales de mars 2008, il a besoin d'une victoire symbolique pour la droite, douze ans après l'échec d'Alain Juppé. Confronté à des perspectives de croissance dégradée qui réduirait l'impact des premières reformes, il veut créer une diversion en ouvrant un nouveau front.

" L'opinion est mûre, contrairement à 1995 et la réforme Juppé ", analyse un proche du président. " Aujourd'hui, au nom du principe d'égalité, les Français ne comprennent plus que certains salariés puissent partir à la retraite avant les autres, sous réserve de pénibilité au travail ", poursuit-il.

L'Elysée a pris bonne note des propos d'Arnaud Montebourg et de Bertrand Delanoë lors de l'université d'été du PS. Le premier a évoqué une " harmonisation des régimes spéciaux ". Il a expliqué " l'ancrage à gauche ne passe pas par des dispositions corporatives ". Le second s'est interrogé : " Est-ce que l'on va continuer à dire que l'on ne peut rien faire sur cette question ? "

Le calendrier. Selon nos informations, il a reçu un coup d'accélérateur : M. Sarkozy a demandé au gouvernement de boucler cette négociation avant la fin de l'année et de publier, avant le 31 décembre, un décret réglant l'ensemble des situations dans les différentes entreprises concernées.

Une première étape de quelques semaines doit permettre au gouvernement de soumettre aux syndicats, fin octobre ou début novembre, un projet de décret. Une deuxième phase de négociations s'ouvrira alors pour tenter de trouver des compromis, avant le 31 décembre.

A défaut d'accord, le gouvernement " prendra ses responsabilités ", affirme un conseiller du président. Le chef de l'Etat et le gouvernement veulent dégager le terrain pour des discussions plus sereines sur le régime général, prévues début 2008. " Il est hors de question que l'on demande de nouveaux sacrifices aux salariés du privé, du régime général, en termes de durée de cotisation, de montant des cotisations ou de la pension de retraite, si on n'a pas des efforts au préalable sur les régimes spéciaux ", indique Danièle Karniewicz, présidente CFE-CGC de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse.

L'objectif. Il est d'aligner les régimes spéciaux " sur le régime général ou le régime des fonctionnaires ", indique une source gouvernementale. Rapprochés en 2003 par la réforme Fillon, avec notamment l'alignement sur les quarante ans de cotisations, le régime général et celui de la fonction publique présentent encore des différences et peuvent évoluer de manière dissemblable.

Du côté du ministère du travail, on laisse entendre que l'Etat fixera une échéance pour la convergence entre les différents régimes spéciaux et le régime général, sur la durée de cotisation en particulier.

Les avantages des régimes spéciaux. Ils concernent les établissements publics à caractère industriel et commercial gérant un service public (EDF, GDF, SNCF, RATP, Banque de France), les professions à statut (marins, mineurs) et les clercs et employés de notaires.

En général, la durée de cotisations est de 37,5 annuités et l'âge d'ouverture des droits à pension s'établit à 50, 55 ou 60 ans selon les catégories. Souvent, comme à la RATP, la SNCF, EDF ou GDF, le salaire de référence est celui de fin de carrière, incluant une part variable de primes. L'indexation est souvent avantageuse (elle suit les traitements d'activité).

Les régimes spéciaux concernent 1,6 millions de personnes, dont 500 000 cotisants et 1,1 millions de retraités. Ils représentent 6 % des pensions versées chaque année. Déficitaires, ils s'équilibrent grâce à des subventions publiques, des taxes affectées ou des taux de cotisations employeurs élevés. Au cours des dernières années, des modifications comptables sont intervenues, avec notamment l'autonomisation des caisses ou leur adossement à d'autres régimes, sans que les droits des salariés aient été modifiés.

Rémi Barroux et Christophe Jakubyszyn

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Published by James Hetfield - dans SNCF
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 21:00
J'ai retrouvé un vieil article du journal 'Le Monde' consacré au chanvre et à ses applications...

Où l'on y apprend que cette plante peut s'utiliser dans maints domaines, allant de la construction à la fourniture de composés énergétiques.

Bref, un article très intéressant ;)

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VIVE LE CHANVRE !
Article paru dans l'édition du 17.09.03

Papier, murs, tissus, emballages et tableaux de bord, le chanvre sert à tout... et aussi à fumer des joints. Jadis familière, cette plante devenue suspecte a failli disparaître. Elle a trouvé de nouveaux promoteurs
   
Le chanvre, c'est une vieille tradition dans le pays nantais. Pendant des siècles, nos ancêtres l'ont cultivé pour fabriquer les cordages et les voiles de leurs navires, des vêtements, des sacs, du papier, des toiles, et mille autres choses... A l'automne, la récolte du chanvre, puis l'extraction de la fibre mobilisaient les villages pendant des jours et des nuits. Ensuite, on organisait les fêtes les plus folles de l'année, car l'odeur du chanvre tourne la tête des filles... » Jean-Claude David, 53 ans, ancien militant du Larzac, syndicaliste paysan et maraîcher « bio », habite Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Atlantique), dans une ferme qu'il a construite de ses mains. Sur le buffet du salon, il a posé une photo : « Elle a été prise par mon père, en 1952. Le garçonnet, c'est moi, dans les bras de ma grand-mère. Et juste derrière, c'est grand champ de chanvre. Mon père en a cultivé jusqu'à la fermeture des filatures d'Angers ».

Comme partout en Europe, la culture du chanvre sur les bords de Loire a rapidement décliné au cours du XXe siècle, face à la concurrence des fibres synthétiques. Mais sa disparition presque totale a aussi une autre cause : le chanvre de nos campagnes et le cannabis sont une seule et même plante, cannabis étant le mot latin signifiant « chanvre ». A l'état sauvage, toutes les variétés de chanvre contiennent du THC (tetrahydrocannabinol), la substance psychotrope tant appréciée des fumeurs de joints.

Les lois interdisant de fumer du cannabis ont entraîné dans tous les pays occidentaux une désaffection générale pour la culture du chanvre : cette plante familière était soudain devenue suspecte, subversive, et presque exotique, car elle avait changé de nom. La France est l'un des seuls pays d'Europe à avoir maintenu une production, surtout pour fabriquer du papier à cigarette. Les fumeurs de tabac fument ainsi du cannabis, sans le savoir ! Pour éviter les ennuis avec la justice, la Fédération nationale des producteurs de chanvre (FNPC), installée au Mans, a développé des variétés de semences à très faible teneur en THC, donc sans effet psychotrope. Aujourd'hui, la loi autorise la culture de chanvre contenant moins de 0,2 % de THC.

Grâce à ses décennies de recherches, la FNPC possède un quasi-monopole à l'échelle européenne sur la vente de semences « licites ». En outre, les cultivateurs n'ont pas le droit de conserver les semences qu'ils produisent et doivent se réapprovisionner chaque année auprès de la FNPC. Si un seul pied de chanvre à forte teneur en THC pousse quelque part, il peut, à 30 kilomètres à la ronde, polliniser des champs de plantes « licites ». Pour assurer le respect de la loi, l'administration a mis en place un système contraignant de contrôles, de prélèvements et d'analyses.

De fait, en France, la production de cette plante reste une aventure. En 1996, Jean-Claude David décide de produire de la « piquette », boisson traditionnelle appréciée par la clientèle des boutiques d'aliments bio. Il se lance dans la fabrication de « frênette », à base de frêne, puis d'« ortillette », faite avec de l'ortie. Un jour, il a l'idée de faire de la piquette de chanvre : « J'ai planté du chanvre sur une de mes parcelles, et j'ai inventé la «chanvrette». Pour décorer mes bouteilles, j'ai fait imprimer des étiquettes avec une belle feuille de chanvre. » Or la feuille de chanvre est aussi le symbole international des militants de la dépénalisation du cannabis.

Aussitôt, les ennuis commencent : convocation à la brigade des stups de Nantes, perquisition de la police judiciaire (PJ) de Rennes, visite de la répression des fraudes, enquête des douanes, démontage de son stand au Salon de l'agriculture. « Tous leurs tests montrent que mon produit ne contient pas de THC, assure M. David, ils veulent surtout m'obliger à supprimer la feuille de chanvre de mon étiquette et à changer le nom. » Mais l'agriculteur, qui a l'habitude d'affronter les autorités, tient bon. En 2002, il a produit 50 000 litres de chanvrette et s'est lancé dans l'exportation vers l'Europe du Nord. Là-bas, sa boisson s'appelle « Kannab-Fizz ».

Le chanvre est à la mode chez les agriculteurs proches de la mouvance écologiste. A Chauvé, à 40 kilomètres de Nantes, Hubert Morice, président de la section bio du Centre de valorisation du milieu rural (Civam), a créé un « groupe chanvre » rassemblant une quinzaine d'exploitants. « Le chanvre, explique-t-il, est un superoutil pour relancer une agriculture durable et équilibrée : si on s'y prend bien, on peut le cultiver sans désherbants, ni pesticides, ni insecticides, ni fongicides. En plus, il régénère les sols. »

Hubert Morice a choisi la filière du béton de chanvre (mélange de chaux et de chanvre) pour la construction et l'isolation des bâtiments : « Une maison en béton de chanvre est 15 % plus chère qu'une maison ordinaire, mais c'est un matériau sain, léger, durable. » De même, à Trémargat, dans les Côtes-d'Armor, un groupe d'artisans et de cultivateurs a créé la société Kana-Breizh, qui fabrique des matériaux de construction à base de « chanvre éthique », cultivé selon des méthodes respectueuses de l'environnement. Kana-Breizh a aussi renoncé aux subventions européennes, pour tenter de lancer une économie rurale hors du cadre de la PAC.

Tous sont persuadés que la demande va exploser dans les années à venir, car les industriels redécouvrent les produits à base de cette plante, notamment les huiles et les textiles. C'est ainsi qu'Armani fait depuis peu des costumes en toile de chanvre. Et les ingénieurs inventent sans cesse de nouveaux usages : les tableaux de bord des nouvelles Mercedes et BMW sont en plastique composé en partie de chanvre, léger, peu inflammable et recyclable ; des fabricants de bateaux, d'emballages et d'électroménager se lancent aussi dans la plasturgie à base de chanvre et dans la laine de chanvre.

En attendant, les obstacles s'accumulent pour les petits exploitants. En septembre 2002, en pleine période de récolte, Kana-Breizh a subi six contrôles de six administrations différentes. A Chauvé, Hubert Morice a dû planter ses semences sur un terrain éloigné de la route : « Sinon, les jeunes de la région viennent se servir, car avec ou sans THC, les fleurs ont le même aspect. Et les gendarmes ne sont pas loin derrière. »

Pourtant, la difficulté semble presque lui plaire : « Pour simplifier, je me sens proche de José Bové. J'ai participé à la destruction d'OGM et connu les bagarres et les gardes à vue. J'ai l'habitude du front, je n'aurai pas peur de me battre pour réhabiliter le chanvre, même s'il n'a pas la cote chez les flics. »

Par ailleurs, la culture de chanvre s'accroît dans d'autres régions, sur des bases plus classiques. A Bar-le-Duc, la coopérative des Chanvrières de l'Aube regroupe 330 agriculteurs, cultivant 6 000 hectares, et possède une usine de transformation. A ce jour, elle vend 90 % de sa fibre aux fabricants de papier à cigarette, mais démarche activement les nouveaux marchés.

Officiellement, les producteurs de chanvre industriel ne veulent pas entendre parler du chanvre à fumer. Ils refusent tout contact avec les militants de la dépénalisation du cannabis, qui se sont mis à vendre des objets à base de chanvre « licite » pour créer l'amalgame dans l'esprit du public. Pourtant, le destin du chanvre « utile » et celui de son cousin « récréatif » restent liés.

Le second producteur européen de chanvre industriel est l'entreprise néerlandaise Hemp-Flax, qui cultive 2 300 hectares à Oude Pekela, dans le nord du pays, et possède une usine de transformation. Son patron, Ben Dronkers, siège aux côtés des grandes entreprises du secteur au sein de l'Association européenne du chanvre industriel (EIHA). Mais, aux Pays-Bas, Ben Dronkers est surtout connu comme le patron de la société Sensi-Seeds, qui vend des graines de cannabis aux fumeurs et aux revendeurs désireux de faire pousser leur propre récolte. Dans sa jeunesse, Ben Dronkers a passé plusieurs années au Moyen-Orient, où il partagea la vie des producteurs de chanvre. Lorsqu'il rentre aux Pays-Bas, il rapporte des semences, puis crée un atelier pour développer des variétés possédant un très fort taux de THC.

Aujourd'hui, les techniciens de Sensi-Seeds réussissent à produire des semences quatre fois par an tout en préservant leur qualité originelle, grâce notamment aux nouveaux procédés de clonage des plantes par culture de tissus. En 2002, Sensi-Seeds a gagné près de 4 millions d'euros. Pour la vente au détail, la société possède une boutique et un coffee shop installés au coeur du quartier chaud d'Amsterdam. Pour la vente en gros et par correspondance, elle édite un catalogue multilingue et possède des sites Internet de vente et de promotion.

Juste à côté de sa boutique, Ben Dronkers a créé le célèbre Musée du haschich, de la marijuana et du chanvre, qui propose aux touristes un parcours pédagogique expliquant les usages de cette plante à travers les âges. Il est en outre copropriétaire des coffee shops Sensi-Smile à Rotterdam et de l'hôtel Sensi-Paradise, situé dans une île thaïlandaise.

Assis à la terrasse de son coffee shop, Ben Dronkers fume un peu de cannabis, en sirotant un verre de vin suisse parfumé au chanvre. Les passants le saluent, c'est une personnalité dans le quartier : « Je prends le temps de vivre, j'ai 53 ans, mes cinq enfants travaillent avec moi dans le chanvre. Ils vont poursuivre ma mission. » Tout en militant pour la dépénalisation du cannabis, Ben Dronkers s'intéresse depuis longtemps au chanvre industriel. Il est aujourd'hui persuadé que, à elle seule, cette plante exceptionnelle peut résoudre tous les problèmes de pollution et d'épuisement des ressources naturelles : « La fibre de chanvre permettrait de produire tout le papier dont le monde a besoin, en évitant la déforestation ; grâce à sa pousse très rapide, il pourrait fournir la matière première pour un biocarburant capable de remplacer le pétrole tout en produisant de l'oxygène ; sa graine riche en protéines pourrait subvenir aux besoins nutritionnels du tiers-monde - sans parler de ses vertus médicales... Le chanvre pourrait sauver la planète. »
P/

DÈS 1989, il se renseigne sur la production de semences à faible taux de THC et découvre qu'elles ont presque disparu du continent européen. L'un des derniers endroits où l'on peut s'en procurer est la FNPC du Mans, dont les affaires ne marchent pas très fort. Il décide alors de lui venir en aide : « En trois ans, j'ai dû acheter aux Français 27 tonnes de semences, et j'en ai revendu à peine 200 kg, car il n'y avait pas de marché. Mais ça m'était égal, mon but était de préserver cette ressource unique en Europe. » Ben Dronkers est convaincu que, à cette époque, il a sauvé la FNPC de la faillite.

En 1994, il se lance à son tour dans la production de chanvre industriel et crée Hemp-Flax. Il rachète une fabrique de carton à Oude Pekela, qu'il transforme en usine de défibrage, puis passe des contrats avec les agriculteurs de la région. Pour ses semences, il s'adresse bien sûr à la FNPC. Or, entre-temps, le ministère de l'agriculture français a découvert la personnalité et le parcours du patron de Hemp-Flax, et décide d'empêcher cette vente. Pourtant, la FNPC saura à son tour se montrer solidaire de son client providentiel : elle passe outre aux injonctions et effectue la livraison.

Dès son installation, Hemp-Flax investit dans la conception et la fabrication de machines spécialement adaptées à la culture du chanvre, dont elle détient les brevets. Ses laboratoires mettent au point une nouvelle variété de semence à moins de 0,2 % de THC, mais mieux adaptée au climat des Pays-Bas. Ils viennent de la faire homologuer par les autorités européennes et s'apprêtent à la commercialiser.

Aujourd'hui, Hemp-Flax emploie une quarantaine de personnes et fait travailler 160 agriculteurs. Elle vient de racheter Hemp-Ron, son seul concurrent néerlandais, ainsi qu'une imprimerie et une usine de défibrage installée près de Berlin : « Les Allemands seront bientôt de gros acheteurs, car ils sont sensibles aux arguments écologiques. En plus des plastiques, les équipementiers travaillent sur un projet de plaquettes de frein à base de chanvre. »

Pourtant, Hemp-Flax reste fortement déficitaire et survit grâce au soutien financier de Sensi-Seeds. A Oude Pekela, l'usine de défibrage abrite aussi un entrepôt de semences à haute teneur en THC appartenant à Sensi-Seeds, ainsi qu'un atelier d'emballage : « J'ai déjà investi 15 millions d'euros dans Hemp-Flax, je vais continuer. J'ai fait fortune grâce à Sensi-Seeds, mais je n'ai pas besoin de tout cet argent, alors autant le dépenser pour une vraie cause. Quand il s'agit de sauver la planète, conclut-il en roulant un nouveau joint, on ne compte pas. »
P/ P/

Yves Eudes

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 08:40
En me replongeant dans mes archives, je suis tombé sur cet article : effarant !

Cela plaide, je pense, pour une remise à plat de la carte scolaire dont on a beaucoup parlé durant la campagne présidentielle passée.

Et même si la réforme de la carte scolaire ne peut pas résoudre à elle seule le problème, force est quand même de constater que le phénomène de ségrégation existe bel et bien et doit être résolu par nos politiques au titre de l'égalité du citoyen à l'accès à une éducation efficace et sérieuse.


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Une étude décrit l'ampleur des ségrégations ethniques à l'école
LE MONDE | 08.09.03 | 12h03
   
Une étude inédite lève le voile sur un des sujets les plus tabous de l'école républicaine : l'existence d'une ségrégation ethnique au sein de l'éducation nationale. Dans un rapport rendu en juin au ministère de l'équipement et au Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild), Georges Felouzis, professeur des universités à Bordeaux-II, démontre l'importance des phénomènes de ségrégation des élèves selon qu'ils sont issus ou non de l'immigration (La Polarisation sociale et ethnique des collèges dans l'académie de Bordeaux, avec Françoise Liot et Joëlle Perroton. Cadis/Lapsac). L'étude, qui donnera lieu à une publication dans la Revue française de sociologie en septembre, décrit un monde scolaire "très fortement marqué par l'ethnicité" et "en rupture totale avec les fondements les plus universalistes" de l'école.

La première enquête statistique sur la ségrégation à l'école. Ce constat est déjà connu des enseignants, parents et élèves qui observent quotidiennement des établissements "ghettos" où sont concentrés un grand nombre d'élèves étrangers ou d'origine étrangère. Mais aucune enquête statistique n'avait jamais été réalisée pour valider scientifiquement ces observations. Avec l'étude publiée par M. Felouzis, l'étendue des phénomènes de ségrégation apparaît crûment : une relégation scolaire s'ajoute aux inégalités sociales et urbaines dont sont victimes les élèves issus de l'immigration.

Le choix du prénom comme indicateur de l'origine. Pour parvenir à ces conclusions, M. Felouzis a utilisé une méthodologie complètement atypique. Il n'existe en effet aujourd'hui aucun indicateur permettant de rendre compte des discriminations ethniques. Les seuls critères disponibles sur l'origine des jeunes - nationalité des élèves et lieu de naissance des parents - ne sont pas pertinents : un grand nombre de jeunes possèdent la nationalité française tout en étant issus de l'immigration ; quant au lieu de naissance des parents, il n'est pas connu par l'éducation nationale. Face à cette carence, le chercheur a donc construit un indicateur ad hoc à partir du prénom des élèves. "Même si les ambiguïtés ne sont pas absentes, le prénom apparaît comme un marqueur lié à la religion et au pays d'origine", explique M. Felouzis.

Bien que validée par le comité de lecture de la Revue française de sociologie, la méthode retenue risque de soulever de vives critiques de la part de ceux qui estiment que l'étude induit une distinction entre citoyens français. En 1998, une polémique avait ainsi éclaté entre démographes à propos de l'utilisation de critères autres que la nationalité : des chercheurs comme Hervé Le Bras avaient stigmatisé une dérive par rapport au modèle républicain (Le Monde du 6 novembre 1998). M. Felouzis s'en défend par avance : "Comme la signature au mariage a pu constituer une mesure du degré d'alphabétisation des Français de l'époque moderne au XXe siècle, le prénom des élèves donne une bonne approximation de leur origine culturelle", assure-t-il.

La répartition inégale des élèves issus de l'immigration. Le chercheur a étudié la répartition des 144 000 collégiens de l'académie de Bordeaux. Les inégalités sont flagrantes : dans certains collèges, près d'un élève sur deux a un prénom qui indique une origine étrangère. Ces disparités sont plus marquées lorsqu'on considère les élèves dont le prénom est associé au Maghreb, à l'Afrique noire et à la Turquie : seulement 10 % des collèges scolarisent 40 % du total des élèves présumés issus de ces régions. A l'inverse, un quart des collèges scolarisent chacun moins de 1 % de jeunes dont le prénom est associé à ces aires géographiques. Ces disparités produisent des établissements où "la "norme" est de vivre dans des conditions sociales défavorables et d'être en échec scolaire", note M. Felouzis. De fait, ces collèges "mis à l'écart" cumulent les inégalités sociales et scolaires préjudiciables à l'apprentissage - ce qui autorise le chercheur à parler de ségrégation et pas seulement d'inégalités. Toutes les études sur l'apprentissage montrent en effet que la concentration d'élèves de faible niveau dans un établissement nuit à leur progression individuelle.

Les mécanismes de la ségrégation. Les causes de cette "spécialisation" des collèges sont de deux ordres. La première est liée à l'urbanisme : la concentration d'enfants issus de l'immigration est d'abord liée à la répartition inégale des familles dans les quartiers. "Dès lors que la mixité ethnique et sociale des secteurs n'est pas assurée, elle ne peut être garantie dans les collèges qui en dépendent", constate M. Felouzis.

La seconde cause est liée aux stratégies des familles qui choisissent de contourner la "carte scolaire". Pour mesurer ce facteur, le chercheur a comparé la population scolaire "attendue", si toutes les familles scolarisaient effectivement leurs enfants dans le collège de leur quartier, et celle "constatée", en tenant compte des demandes de dérogation et de la fuite vers le privé. La ségrégation apparaît encore plus marquée dans les établissements que dans les quartiers, preuve d'une aggravation du phénomène due aux "stratégies" familiales.

Quelques collèges "ghettos" parviennent néanmoins à réduire l'évitement des familles. En étudiant la composition des classes dans les établissements, M. Felouzis montre qu'une "ségrégation interne" - la constitution de "classes ethniques" - est parfois utilisée pour limiter les phénomènes d'évitement et permettre aux établissements de rester "attractifs".

Les conséquences scolaires. Ces inégalités ont des conséquences sur le niveau scolaire des élèves. Pour le mesurer, M. Felouzis s'est penché sur les résultats obtenus en fin de troisième lors des épreuves sur table du brevet des collèges. Les élèves issus de l'immigration et scolarisés dans les établissements "ghettos" subissent un handicap scolaire qui s'ajoute aux inégalités liées à leur origine sociale.

Au final, ces constatations amènent le chercheur à s'interroger sur "la distance croissante" entre le "discours "officiel"" sur une école qui ne reconnaît que "des "citoyens" détachés de leur "communauté"" et "la réalité des collèges les plus ségrégués, où l'origine culturelle et l'ethnicité deviennent, par la force des choses, les critères principaux d'identification". Dans une période où le débat sur les "communautés" ressurgit, l'étude a le mérite de rappeler que la responsabilité du "communautarisme" ne repose pas seulement sur les individus.

Luc Bronner

Article paru dans l'édition du 09.09.03.

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 13:20
Je suis retombé sur un vieil article sur les intermittents du spectacle... On n'en entend plus du tout parler de cette histoire après le rafut que ça avait fait en 2003.

Allez, un petit coup de nostalgie en rappelant quand même que c'est un régime qui côute cher et où les abus sont très nombreux.

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Les abus et les aubaines du régime des intermittents
LE MONDE | 22.07.03 | 12h52
   
Infographie : Les 40 principaux employeurs d'intermittents du spectacle

En profitant de la notion extensive d'intermittence et de la faiblesse des contrôles, employeurs et allocataires contribuent par leurs arrangements à creuser le déficit de l'assurance-chômage. "Le Monde" publie la liste des 40 premières entreprises qui ont recours à ce type de contrats temporaires

Une danseuse de peep show, un mannequin, une chorégraphe, un réalisateur, un chef opérateur, un animateur de parc de loisirs, un torero, un clown, un trompettiste... Ils n'ont en commun que d'appartenir au régime des intermittents du spectacle. En 2002, 102 000 professionnels ont été indemnisés par les Assedic à ce titre. Avec l'accroissement considérable du nombre d'allocataires (multiplié par deux en dix ans) et surtout l'alourdissement du déficit (828 millions d'euros en 2002), le gouvernement, les employeurs et les intermittents eux-mêmes ont conscience qu'il faut éradiquer les nombreux abus qui contribuent à fragiliser le système.

La caractéristique la plus étonnante du régime tient au fait que tous les intermittents déclarent eux-mêmes la profession qu'ils exercent, sans qu'aucune vérification ne soit faite. Aucun diplôme n'est nécessaire pour être embauché dans une entreprise de spectacle vivant. Si bien que, chaque année, près de 15 000 nouveaux intermittents demandent à profiter du régime : c'est entre vingt et trente fois plus que les promotions sortantes des conservatoires de danse, de musique, de théâtre ou des écoles de formation aux métiers du cinéma, à l'image et au son. Sur ces nouveaux entrants, seulement un tiers bénéficient encore de ce régime trois ans plus tard.

"Les abus viennent des mauvaises habitudes prises dans tous les secteurs", affirme Alain Garlan, directeur adjoint du Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis, président de la commission paritaire nationale emploi-formation du spectacle vivant et administrateur de l'association des employeurs de spectacle vivant en Europe (Pearle). "Près d'un tiers des allocataires viennent du cinéma et de l'audiovisuel, les deux autres tiers sont des artistes et des techniciens du spectacle vivant. Le déficit du régime est proportionnel à ces masses salariales - un tiers pour les télévisions et le cinéma, les deux tiers pour le spectacle vivant", dit-il.

MULTITUDE D'EMPLOYEURS

Un document confidentiel de l'Unedic montre que, parmi les 40 plus importants employeurs d'intermittents, figurent en bonne place les sociétés de l'audiovisuel publiques et privées, les producteurs télévisuels, les producteurs de cinéma... Ne sont intégrés ni cumulés dans ce calcul les sous-traitants ou les filiales des sociétés de télévision (les films Alain Sarde pour Canal+ par exemple, Nulle part ailleurs Production et Canal+ ; Métropole Production et M6 ; TF1 et Glem...). La liste des employeurs d'intermittents est longue : le secteur est bel et bien éparpillé en une multitude de toutes petites entreprises et de compagnies.

"Les permittents, les intermittents permanents, sont très souvent la règle dans l'audiovisuel, cela a été la règle absolue dans les stations régionales de France 3", souligne Alain Garlan. Ce type de pratique flexible pour l'employeur est très répandu : il permet d'effectuer des gains probants sur l'économie des productions en ne payant pas à l'année des salariés. Moyennant une prime de précarité intégrée au salaire des intermittents (d'au moins 10 %), les employeurs paient plus cher, la plupart du temps sur sept jours, et peuvent sans difficultés mettre fin à ces contrats. Souvent, ces intermittents à l'année n'ont pas d'autre choix. Les poursuites devant les tribunaux sont rares - près de 300 intermittents de Canal+ ont tenté de faire requalifier leur emploi en contrat à durée indéterminée (CDI) en décembre 1999 : après de longues péripéties juridiques, la Cour de cassation a demandé en novembre 2001 de préciser la nature du caractère temporaire des emplois, avant qu'une amnistie présidentielle n'empêche de juger cette affaire sur le fond. En 2002, selon le rapport annuel, Canal+ SA employait 489 intermittents et 812 cadres et employés.

Les exemples de "permittents" sont légion, dans le service public comme ailleurs. Il est arrivé que des postes d'assistantes de direction intérimaires soient déguisés en poste de prompteuses à France 2. Jean Lebrun, dans son émission "Pot au feu" sur France-Culture, rappelait, le 1er octobre 2002, que "l'assistante de Bernard Pivot avait eu un statut précaire pendant un quart de siècle"...

Pour moraliser le secteur, le ministre de la culture et de la communication, Jean-Jacques Aillagon, a demandé aux présidents de l'audiovisuel public de réduire les abus. Quitte à être dans la difficile posture du redresseur de torts et de celui qui tient les cordons de la bourse de ces entreprises en pouvant - ou non - leur permettre d'embaucher des centaines de "permittents". Ce qui concerne aussi bien les habilleuses de l'Opéra de Paris que les producteurs d'émissions de France Musiques... Jacques Chirac a lui-même annoncé, lors de son allocation du 14 juillet, son intention de partir à la chasse aux abus.

Dans la production audiovisuelle et le cinéma, les fraudes sont aussi généralisées. Ce qui peut prendre l'aspect d'une simple modification dans la rédaction d'un contrat : à un cameraman professionnel, une société de production a proposé, au lieu de tourner 20 jours d'affilée à raison de 3 811 euros par mois, de déclarer ce salaire à raison de deux fois dix jours par mois en proposant 3 125 euros bruts et une indemnité non imposable de 686 euros net. Ce type d'arrangement - moins onéreux pour l'employeur - contribue à creuser sérieusement le déficit du régime. Dans l'hypothèse la plus coûteuse, cette malversation peut se solder par un manque à gagner de 15 000 euros sur un an pour l'Unedic. Le secteur du documentaire fonctionne presque exclusivement par le recours aux intermittents.

"SECTEUR SINISTRÉ"

"L'existence du travail au noir, la surdéclaration des salaires sur des périodes très courtes, qui permettent à l'intermittent de toucher des indemnités plus fortes, les officines qui délivrent des faux cachets pour atteindre le fameux seuil des 507 heures, sont monnaie courante", souligne Therry Priestley, secrétaire général de la délégation interministérielle de lutte contre le travail illégal (DILTI), placée sous la tutelle du ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité. "Le secteur est réellement sinistré. La fraude est multiple et importante : elle concerne aussi bien des cafés-restaurants qui font des spectacles que des associations, des collectivités locales, des orchestres étrangers qui ne sont pas en règle, des faux amateurs...", précise-t-il.

C'est un système où employeurs et employés ont appris depuis des années à louvoyer, quitte à le dévoyer. "C'est dans les petites compagnies de danse, de théâtre que les dérogations sont appliquées avec le plus de constance, affirme Alain Garlan. Il est devenu totalement habituel que les répétitions ne soient jamais payées par les employeurs, c'est l'assurance-chômage qui finance, et tout le monde trouve ça normal. L'abus est davantage dans ces milliers de sociétés que dans les 5 000 à 10 000 personnes employées dans les télévisions et les radios."

Les mesures annoncées vont-elles suffire ? Le croisement des fichiers (retraite, assurance-chômage, congés, droits d'auteur) va dans le bon sens mais se heurte à des difficultés techniques de nomenclatures non harmonisées. La déclaration nominative des intermittents par les employeurs devrait aussi freiner les ardeurs de certains fraudeurs.

François Fillon, dont dépend l'inspection du travail, promet de renforcer les contrôles, en août, sur les sociétés de production. La DILTI peut faire appel aux inspecteurs du travail, des douanes, des impôts, à l'Urssaf, voire à la gendarmerie et à la magistrature. "Les contrôles sont très difficiles, nous devrons former les inspecteurs. Notre objectif n'est pas de donner des coups de bâton, mais bien de faire en sorte que l'emploi dans la culture se développe dans la légalité", souligne son secrétaire général.

Nicole Vulser

Le régime des intermittents, plus favorable que le régime général d'assurance-chômage

# Le régime des intermittents en 2002.

Nombre d'intermittents chômeurs indemnisés : 102 600.

Nombre de cotisants : 135 000.

Déficit 2002 : 828 millions d'euros.

Dépenses prévisionnelles 2003 : 1 milliard d'euros.

Taux journalier moyen (accordé par les Assedic) : 45,31 euros (49,73 euros dans certains cas, 43,56 euros pour d'autres).

Durée d'indemnisation moyenne en jours : 205.

# Le régime général d'assurance-chômage en 2002.

Nombre de chômeurs indemnisés : 2,13 millions (en incluant les intermittents).

Nombre de cotisants : 16 millions.

Déficit 2002 : 3,7 milliards d'euros (en incluant le déficit du régime des intermittents).

Déficit prévisionnel 2003 : 3 milliards d'euros.

Taux journalier moyen (accordé par les Assedic) : 28,66 euros.

Durée d'indemnisation moyenne en jours : 158.

(Source : Unedic).

Article paru dans l'édition du 23.07.03.

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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 09:05
Et bien moi, je la trouve très juste et très bien faite cette analyse. J'y retrouve de nombreux éléments que j'avais déjà exprimés ça et là, avec une prose beaucoup moins efficace.

En bref, je vous recommande cet article et si Ségolène pouvait le lire et le comprendre, elle sera notre prochain président ;)

Un article du journal 'Le Monde' daté du 31/08/2007.

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Les quatre erreurs de Ségolène Royal
Il reste utile et nécessaire de dresser un diagnostic précis de l'échec de la campagne de la candidate socialiste
   
Cela semble un siècle, et pourtant c'était il y a moins d'un an. En novembre 2006, en imposant son style et sa thématique, Ségolène Royal gagnait haut la main la primaire socialiste avec plus de 60 % des suffrages des militants, et caracolait en tête dans les sondages d'intentions de vote aussi bien au premier qu'au second tour. Et qui se souvient encore que l'avance de Ségolène Royal dans les sondages a duré jusqu'en janvier ? Que s'est-il passé entre janvier et avril pour qu'une élection gagnable se transforme en défaite inéluctable ? Pour répondre à cette question, il faut identifier et analyser les principaux choix faits par la candidate.

Une campagne électorale c'est d'abord un rythme. Donner la cadence permet d'influer sur l'agenda des médias, d'imposer sa thématique et de prendre ainsi l'ascendant sur ses adversaires. En choisissant de ne rien faire d'autre jusqu'au 11 février que les débats participatifs, sans même les mettre en scène, Ségolène Royal a pris un retard qu'elle n'a jamais pu rattraper. Ses cafouillages ou ses dérobades dans ses déplacements ou ses interviews n'ont été que les symptômes de cette insuffisante maîtrise du temps. Les médias, sensibles à cette désynchronisation pouvant aller jusqu'au contretemps, ont eu tendance à traiter ses temps forts, qu'il s'agisse du discours du 11 février à Villepinte ou de l'émission du 19 février sur TF1, comme des gestes de la dernière chance. D'où cette campagne chaotique, improvisée, faite de relances successives qui ressemblaient à un éternel début de campagne, et créaient une dynamique du doute.

Vient ensuite la façon de traiter ses concurrents. En politique il faut choisir, même l'angle d'attaque de son adversaire. Nicolas Sarkozy pouvait être " un clone de Le Pen " ou " un Chirac avec des piles neuves ", il ne pouvait pas être les deux à la fois. Choisir le premier terme de l'alternative était la pire des solutions pour Ségolène Royal et la meilleure pour son adversaire.

En diabolisant Nicolas Sarkozy, elle a contribué à crédibiliser son offensive auprès des électeurs potentiels de Jean-Marie Le Pen et l'a aidé à siphonner le capital électoral de l'extrême droite en réunifiant l'électorat de droite dès le premier tour. Elle a du même coup entériné le fait qu'il n'était pas le candidat de l'héritage chiraquien, ce qui veut dire qu'elle a validé et cautionné la partie la plus délicate du positionnement de M. Sarkozy : apparaître comme un candidat de rupture, qui n'avait pas à défendre le bilan des gouvernements de M. Chirac auxquels il a pourtant participé à des postes clés. Qu'est ce que la diabolisation a apporté en contrepartie ? Elle a juste surmobilisé un électorat déjà acquis sans vraiment convaincre les autres.

Un autre choix essentiel concernait le positionnement de la candidate et ses rapports avec le parti qui la soutenait. Depuis Epinay, la relation du PS avec l'électorat de centre gauche repose sur un pacte implicite que l'on peut formuler ainsi : " Notre programme est inapplicable, mais rassurez-vous, nous le savons et nous ne l'appliquerons pas. " Pas très glorieux, mais efficace, puisque cet électorat a été fixé dès le premier tour par les candidats socialistes à la présidentielle sans interruption de 1974 à 2002 inclus. Ce pacte implicite permettait au PS de poursuivre sa quête obsessionnelle d'un électorat populaire introuvable, à coups de promesses intenables.

En s'opposant au PS, à ses moeurs et à son double langage, en mettant la morale au poste de commande, Ségolène Royal a brisé le pacte implicite. Et elle n'a rien proposé à la place. Pire même, le caractère illuminé de certaines de ses interventions, l'insistance mise sur la logique de l'honneur et le respect de la parole donnée ont généré, chez cet électorat modéré, le sentiment qu'une fois arrivée au pouvoir, elle ne pourrait rien faire d'autre qu'appliquer ce programme inapplicable. Un nombre croissant d'électeurs de centre gauche a cherché un candidat d'opposition alternatif et s'est tourné vers François Bayrou. Qu'a fait Ségolène Royal face à cette hémorragie ? Rien. Elle a laissé filer de 5 % à 6 % de son électorat naturel sans réagir.

L'absence de réactions s'explique notamment par le fait que la candidate a choisi de s'opposer aux hommes du PS plutôt qu'à ses propositions. La solitude plutôt que la rénovation à marche forcée. Ce choix a été fondé sur un calcul politique étrange et qui s'est révélé faux : il est possible de gagner une présidentielle uniquement sur les valeurs, en faisant l'impasse sur les propositions. En réalité, le couple valeurs-propositions est indissociable, et la cohérence entre les deux est une clé de la victoire. Le pire des cas est l'incohérence.

Quand, à Villepinte, Ségolène Royal fustige la dette et sa prise en otage des générations futures, puis enchaîne sur un catalogue de nouvelles dépenses publiques non financées, en oubliant voire en aggravant la dette, elle décrédibilise le système de valeurs sur lequel elle a tout misé. En outre, discourir uniquement sur les valeurs fait courir le risque de l'inconsistance. Le " donnant donnant ", à force de manquer de substance, a fini par ressembler à une coquille vide.

Ces quelques erreurs sont à l'origine de l'écart substantiel entre les deux principaux candidats au premier tour de l'élection présidentielle, le déficit d'électeurs de centre gauche de l'une se cumulant au surplus d'électeurs de droite extrême de l'autre. Et cet écart a rendu le second tour anecdotique. Ni la pugnacité - qui a révélé un tempérament -, ni le dialogue avec François Bayrou - improvisé et sans perspective politique sérieuse, mais qui a levé un tabou -, ni le face-à-face télévisé - qui a permis de vérifier une fois de plus que l'agressivité mal maîtrisée passait mal à la télévision, même quand on est une femme - n'ont changé la donne. Le seul moment surprenant a été cette minute surréaliste, au soir du second tour, où Ségolène Royal a proposé à ses électeurs de les conduire " vers d'autres victoires ".

C'est pourtant d'une défaite que cette campagne, mal conçue et mal exécutée, a accouché, laissant les Français de gauche stupéfaits et désemparés. Raymond Aron avait coutume de dire : " En politique il faut gagner, ou alors il ne faut pas en faire. " Cette phrase cruelle a peut-être vocation à être démentie, à condition d'être lucide sur ce que l'on a fait et ce qui reste à faire.

Jean-Louis Missika

Enseigne la communication politique

à l'Institut d'études politiques de Paris

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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 09:12
Toujours à essayer de trouver des réponses aux éternelles questions que je suis à même de me poser, je suis tombé sur cette analyse de Messire Le Boucher du journal 'Le Monde'. Bien que j'ai une certaine méfiance à l'égard d'éditorialistes de la trempe de ce Monsieur, justifiée par le fait que ce Monsieur pourrait s'écouter parler au vu de la large audience à laquelle il s'adresse régulièrement, force est de constater que j'adhère globalement à ses propos.

Cela concerne la réforme des retraites engagée il y a quatre ans...et toujours pas achevée...

Cet article acquiert une certaine actualité à la veille de la remise en cause des régimes spéciaux dans un certain nombre d'entreprises privilégiées. Gageons que l'action prochaine du gouvernement bouclera la boucle.

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par Eric Le Boucher
Retraites : le goût français pour l'affrontement
LE MONDE | 24.05.03 | 12h29
   
Le gouvernement a, certes, accumulé les bévues sur le dossier de la réforme des retraites. Pendant un an, il a joué au chat et à la souris avec les syndicats, parlant tantôt de "négociations", tantôt de "consultations" ; divergence reflétant le balancement permanent, et typiquement chiraquien, entre ses deux sensibilités, celle des sociaux (François Fillon) et celle des libéraux (Jean-Pierre Raffarin). Il a maladroitement accumulé sur la table au même moment trop de projets affectant les fonctionnaires - les retraites, la rigueur budgétaire, la décentralisation de l'Etat, l'université - et provoquant une masse critique explosive. Afin d'éviter une répétition des grèves de 1995, il a séparé la fonction publique générale et les entreprises de services publics, mais cette stratégie a échoué : les cheminots, les agents de la RATP et de l'EDF sont dans les rues alors même qu'"ils ne sont pas concernés" par le projet Fillon, répète vainement le gouvernement. Ensuite, trop vite réjoui de la signature de la CFDT, il a fait l'erreur de pousser l'hésitante CGT dans le clan de FO et des opposants gauchistes.

PUBLICITÉ TARDIVE

Le gouvernement n'a pas su, non plus, mener la pédagogie nécessaire auprès des Français, comme le souligne justement Alain Juppé. Contrairement à ce que croyait Jean-Pierre Raffarin, l'opinion n'a pas mûri, sa conviction du besoin de changement reste confuse et rétive. La campagne d'explication publicitaire lancée cette semaine ("Retraites : avec un effort, ensemble, on s'en sort") apparaît singulièrement tardive.

Sans doute aussi, l'opposition n'aide pas. On dira que son rôle est d'enfoncer le gouvernement et de profiter de ses faiblesses pour essayer de se refaire une santé. Mais faut-il alors que le PS, qui n'a rien fait sur les retraites pendant les cinq ans où il occupait Matignon, en vienne à demander le "retrait" de ce plan ? Maintenus au pouvoir, les socialistes auraient proposé les mêmes mesures, à quelques détails près, puisque le gouvernement Raffarin n'a fait que suivre les principes recommandés par le rapport Charpin (du nom de l'ancien commissaire au Plan) ou du COR (conseil d'orientation des retraites) mis en place par Lionel Jospin en mai 2000. Pour séduire les militants socialistes fallait-il que tous les leaders s'inscrivent à la course au "supermenteur", y compris Laurent Fabius, d'habitude social-libéral, qui, à Dijon, lors du Congrès du PS, a rivalisé avec l'aile gauche du parti ? Mais tout cela ne suffit pas à expliquer que le projet Fillon rencontre une résistance beaucoup plus rude qu'attendu. Un durcissement du mouvement social, de l'éducation nationale à la SNCF, menace aujourd'hui.

MÉTIERS PÉNIBLES

La première cause de cette radicalisation est une "découverte" au sens où les conseillers du gouvernement n'y avaient pas pensé : il est de nouveaux métiers pénibles qui auraient mérité un soin particulier. L'hôpital et l'école sont les mines d'autrefois. Passer à 40 ans puis à 42 ans de cotisations signifie pour un prof rester devant ses élèves jusqu'à 65 ans au moins. Le rejet est massif.

Seconde "découverte" : la volonté farouche des Français de partir tôt à la retraite et de construire une nouvelle vie "après le travail". Trente ans de chômage de masse, de réduction des effectifs et la montée du stress au travail ont déconsidéré la place sociale du travail aux yeux de beaucoup de Français. La révolution des 35 heures a sacralisé le loisir. La réforme des retraites impose de revenir en arrière et de renoncer à des préretraites très populaires et à la borne des 60 ans qui semble en acier trempé.

Troisième "découverte" : le nouveau succès de la stratégie de l'extrême gauche à tout amalgamer. En 1995, elle était parvenue à populariser son invention, les "grèves par procuration" du service public en faveur du secteur privé. Les fonctionnaires luttaient au bénéfice des salariés. Derrière la réforme des retraites, explique-t-elle aujourd'hui, ce gouvernement "libéral" a de noirs desseins : il veut casser l'Etat (la décentralisation de certains agents de l'éducation nationale est un début), réduire le nombre de fonctionnaires, privatiser les services publics, bref, en bon laquais, ouvrir la porte aux multinationales, ses mandants. Et l'extrême gauche de "révéler", d'un air savant, que la France à l'OMC ne s'oppose pas aux projets de libéralisation du marché des services : vous voyez bien ! La preuve est faite ! L'immobilisme sur les retraites et le maintien du centralisme dans l'éducation relèvent alors de "la défense des digues" et "si elles craquent, tout sera fini", selon l'expression d'un jeune professeur dans une enquête du Monde (daté 18-19 mai).

LES SLOGANS

Que ce discours globalisant, passionnel et faux, convainque tant de manifestants souligne l'angoisse accumulée des agents de l'Etat complètement désemparés face aux changements de leurs missions. Dans ce contexte, les rumeurs, les révélations, les fausses démonstrations, les slogans valent vérité, quels que soient les démentis de bonne foi. Cette adhésion renvoie à l'histoire et à la tradition nationale maintes fois décrites : celle de la France qui préfère la révolution aux réformes, la guerre sociale aux compromis. Mais, disparu dans le secteur privé, qui a su conduire sa modernisation, ce goût de l'affrontement politico-syndical ne survit plus que dans la fonction publique.

LE POPULISME

Assurer le financement futur des retraites est une réforme pénible. Elle ne peut que l'être. L'évolution démographique (l'espérance de vie à 60 ans qui était de 15 ans en 1932 est maintenant de 20 ans pour les hommes et 25 pour les femmes) impose soit d'augmenter la durée de travail soit d'augmenter les cotisations, soit d'abaisser les pensions. On ne coupe pas, quoi qu'en disent les démagogues, à un mélange de ces trois solutions désagréables.

Des concessions sont possibles sur les profs. Mais les deux autres obstacles sont plus hauts. Il faut défaire la tentation populiste, ramener le débat aux simples financements des retraites, dans la transparence, et trouver un compromis. La réponse relève des syndicats, en fait de la CGT. Il reste enfin à savoir s'il est possible de demander à chaque Français un peu plus de travail ou si le temps de travail est devenu un tabou. Un échec sur une réforme indispensable et acceptée dans son principe serait un "21 avril social" : se retrouver avec le pire sans l'avoir vraiment voulu.

Eric Le Boucher

Article paru dans l'édition du 25.05.03.

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Published by James Hetfield - dans Société
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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 17:20
Lettre ouverte au personnel de la SNCF :

"C'est trop tard, les gars ! Vous avez trop attendu !
Vous avez attendu que la loi soit votée à l'Assemblée Nationale, qu'elle fasse un coup de Navette Parlementaire au Sénat, qu'elle soit à nouveau votée à ce moment là, puis qu'elle revienne à nouveau à l'Assemblée pour être définitivement adoptée et vous n'attendez que Septembre pour réagir ?

Franchement, vous êtes des crétins !

Vous avez trop attendu ! C'est trop tard maintenant ! A la rentrée, on va attaquer la réforme des régimes spéciaux et vu que la loi sur le service minimum a été adoptée, toutes vos actions, tant sur le plan des régimes spéciaux que sur le service minimum vont tomber à l'eau vu que la loi vous obligera à ne pas bloquer les voyageurs !

Vous avez perdu les gars : il fallait se mobiliser beaucoup plus tôt, avant même le premier passage de la loi devant le Sénat.

C'est sûr que le gouvernement a voulu faire passer cette loi en été pour vous empêcher de vous mobiliser, et vu votre niveau intellectuel proche d'une poule, la tactique a fonctionné, et c'est vous qui allez en payer les pots cassés.

Satisfait ? Je le suis assurément ! Et comme 80% des Français sont pour l'instauration du service minimum et la suppression des régimes spéciaux, je ne suis pas le seul.

Ca me désole juste pour vous les gars : je passe mon temps à vous prévenir que vous allez vous faire bananer à force de faire grèves pour des conneries tous les quatre matins, à force de prendre le client pour un con, et vous, vous foncez tête baissée vers l'abattoir !

M'enfin, quand on est con, on est con, et je ne peux pas passer tout mon temps à essayer de convaincre des abrutis, d'autant plus que Sarko le fait bien mieux que moi ;)

En attendant, un petit article du journal 'Le Monde' du 15/08/07, et on verra qui aura eu raison dans deux mois ;)"

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TRANSPORTS
SNCF : SUD-Rail appelle à une action forte à la rentrée

SUD-Rail, deuxième organisation syndicale à la SNCF derrière la CGT, a appelé, lundi 13 août, à une " action nationale, unitaire, interprofessionnelle, forte " à la rentrée pour s'opposer au " vaste plan de casse sociale du gouvernement Sarkozy ". SUD-Rail appelle les autres fédérations de cheminots " à une rencontre au plus tard début septembre ". La CGT a indiqué, le 8 août, son intention de mener des " actions à la rentrée " contre la loi sur le service minimum dans les transports.

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