Un petit article du journal 'Le Monde' daté du 19 Avril 2008 pour montrer les tensions qui se jouent à la tête de notre exécutif bicéphal...
Ce qui me dépasse dans cette affaire, ce sont les gestions des ministres.
Rama Yade critique la visite de Mouammar Kadhafi ?
Pour l'opinion publique, c'est une bonne chose, pour le Gouvernement c'est une faute...
Nathalie Kosciusko-Morizet critique la position du Gouvernement sur les OGM ?
Pour l'opinion publique, c'est une bonne chose (vu que personne n'en veut), pour le Gouvernement c'est une faute...
Nathalie Kosciusko-Morizet critique son ministre de tutelle et cet imbécile de Copé en les traitant de lâches ?
Pour l'opinion publique, la lâcheté de ces hommes est évidente et Nathalie a raison, pour le Gouvernement, c'est une insulte...
Nathalie Kosciusko-Morizet s'excuse auprès des intéressés ?
Pour l'opinion publique, c'est une preuve de lâcheté, qui devrait l'éjecter du Gouvernement, pour le Gouvernement, c'est la clé pour y rester...
En bref, notre Gouvernement est anti-opinion ! En effet, en théorie, nos élus reflettent la volonté du Peuple, or, dans le cas présent, c'est tout le contraire ! On n'avait jamais vu ça sous la Ve porté à pareil paroxysme ! Si ça doit encore continuer 4 ans dans ces conditions, ça risque d'être gai...
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EXÉCUTIF Les relations entre le chef de l'Etat et le premier ministre se sont dégradées
M. Sarkozy et M. Fillon se renvoient la responsabilité des couacs gouvernementaux
Chaque jour ou presque, on rapporte à François Fillon un agacement de Nicolas Sarkozy, une phrase un peu vive d'un collaborateur du président à son égard. A l'Elysée, on tempête, on s'impatiente. Un ministre dérape ? " C'est la faute à Fillon. " Un dossier mal préparé et mal vendu ? " Fillon. " Un manque de visibilité : " Fillon bien sûr. " " Sarkozy est condamné à s'occuper de tout ", lâche un proche du président. Une autre manière de dire que le premier ministre ne fait rien.
David Martinon nommé consul de France à Los Angeles
L'ancien porte-parole de l'Elysée, David
Martinon, a été nommé consul général de France à Los Angeles, selon un décret du président Nicolas Sarkozy publié jeudi 17 avril au Journal officiel.
Tombé en disgrâce après le retrait de sa candidature à la mairie de Neuilly (Hauts-de-Seine), M. Martinon avait dû renoncer à sa fonction de porte-parole de l'Elysée à la mi-mars.
Agé de 36 ans, ce diplomate de formation avait, sitôt sorti de l'ENA en 1998, intégré le Quai d'Orsay pour occuper le poste de porte-parole adjoint sous
la cohabitation. En 2002, il avait rejoint l'équipe Sarkozy.
Lors de la campagne présidentielle de 2007, il a été propulsé chef de cabinet du candidat Nicolas Sarkozy, avant d'accéder à l'Elysée, comme porte-parole.
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De son côté, le chef du gouvernement s'interroge à haute voix. Sur le rôle de l'Elysée : concernant la carte Familles nombreuses, Matignon a beau jeu de souligner que c'est de là-bas qu'a été pilotée la révision générale des politiques publiques. Sur l'autorité même du chef de l'Etat : commentant les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet, sur " les lâchetés " de ses pairs, le premier ministre fait remarquer que sa secrétaire d'Etat à l'écologie assistait, la veille de l'incident, à un petit-déjeuner des ministres sarkozystes - dont il n'était pas - au cours duquel le président avait réclamé davantage de solidarité. Et M. Fillon de conclure : " Les messages du président doivent être répétés plusieurs fois pour être compris, même de ses plus proches supporteurs. "
Pour l'heure, rien ne change. " Sarkozy n'aime pas tuer ", explique un de ses visiteurs. Le chef de l'Etat en a-t-il seulement les moyens, face à un premier ministre soutenu par sa majorité et par l'opinion ? " J'aime sentir que le message passe ", confiait chef du gouvernement, le 11 avril au Japon. De son passage sur TF1 le 30 mars, il a retenu les " nombreux " SMS reçus après sa prestation : " Quand on a le sentiment d'être entendu, c'est plus agréable que l'inverse. " Et les sondages ? " Ce serait malhonnête de dire que je ne les regarde pas ", confie-t-il.
M. Sarkozy ne les ignore pas non plus. Mercredi 16 avril, alors que le chef de l'Etat a mis en garde ses ministres après une série de " couacs ", il a pris soin d'associer son premier ministre : " François et moi estimons que ça suffit ! "
MM. Fillon et Sarkozy n'ont jamais été amis. Les sarkozystes remarquent que le premier n'a rejoint le second qu'après son éviction du gouvernement en 2005. Autant dire hier... Un proche des deux hommes explique : " Tout s'est détérioré quand Fillon à dit en Corse, en septembre 2007 : "Je suis à la tête d'un Etat en faillite". Ce n'est pas le mot de "faillite" qui a provoqué Sarkozy, mais l'expression "à la tête". " Autre explication avancée à l'UMP : en mal d'ennemis, M. Sarkozy cultiverait une rivalité avec son premier ministre pour se galvaniser... " François et moi nous avons nos désaccords mais ce n'est rien par rapport à ce qui se passait entre moi et Chirac ou entre Chirac et Giscard ", a confié le chef de l'Etat, mercredi. Presque un regret...
En attendant, M. Sarkozy s'essaye à l'art mitterrandien de la gestion par la rivalité, faisant émerger un potentiel successeur à son premier ministre : aujourd'hui Xavier Bertrand, demain peut-être un autre. Les députés s'en amusent : " Tu viens de faire un pas vers Matignon car Fillon a été brillant ", a glissé à M. Bertrand, le député (UMP) du Morbihan, François Goulard après la réponse du premier ministre à la motion de censure socialiste. A l'Elysée un conseiller assure que le chef de l'Etat " ne déteste pas Fillon parce qu'il sait quand et par qui le changer ". Il poursuit : " Mais ils doivent se séparer bons amis. C'est essentiel pour l'opinion publique et la majorité. "
En attendant, il faut donner le change. François Fillon détestait naguère qu'on l'interroge sur sa relation avec Nicolas Sarkozy. Désormais, il en joue : " On a écrit le programme ensemble, on met au point le calendrier ensemble. La seule question qui vaille, c'est : est-ce que le premier ministre fait son boulot, des réformes, coordonne la majorité ? " Justement, Nicolas Sarkozy en doute.
Christophe Jakubyszyn et Philippe Ridet