Pour une fois je me laisserai aller à commenter cet éditorial qui est plutôt 'pour' la réforme Constitutionnelle. Pour ma part, j'étais plutôt contre.
En effet, la politique, et en particulier le texte fondateur de nos institutions, ne relève pas d'une science exacte.
Dans le cadre d'une science exacte, si on cherche à obtenir 1+1 = 2 alors que l'on a 1+1=1.99, on sait qu'il reste à s'améliorer pour obtenir le résultat idoine. Par contre, en politique, le résultat parfait n'existe pas. On ne pourra obtenir qu'un optimum avec des avantages et des inconvénients. Je n'avais pas dans l'idée que la Constitution devait être changée et l'absence de crise institutionnelle, durant plus de 40 ans, démontre que le système était plutôt bon.
La réforme actuelle n'est pas une concession 100% parlement ou 100% exécutif (0% 1er ministre ;) ). On assiste plutôt en effet à une redistribution des cartes du pouvoir. Il existe de bonnes cartes pour le parlement (fixation ordre du jour), et de mauvaises (plus grande main mise du Président sur l'Assemblée Nationale par son droit d'y parler sans que le discours soit soumis au vote). On a, en plus, des mesures dont on ne sait pas si elles sont bonnes ou mauvaises (droit de référendum, droit de saisine du Conseil Constitutionnel) : ne vont-elles pas alourdir des procédures qui ne brillent d'ores et déjà pas par leur légèreté ?
De plus, qui dit redistribution des cartes, dit temps pour évaluer les conséquences de cette redistribution.
Ce texte était-il utile ? Comme je l'ai dit, je ne le pense pas. Son utilité est uniquement basée sur les convictions de notre Président. Quand on voit son habilité à diriger certains dossiers, on peut remettre en cause l'utilité basée uniquement sur les convictions personnelles...
Alors, effectivement, le nouveau texte comporte des avancées mais aussi de très gros points de doute.
Le point de vue de l'éditorial peut se rapporter à dire que le verre à moitié plein, pour ma part, je préfère me dire qu'il est à moitié vide. Je pense qu'il fallait utiliser un principe de précaution en la matière avant de changer la moitié des articles de la Constitution. Car, comme elle constitue le texte fondateur de nos institutions, on ne peut se permettre de le changer sans se poser de profondes questions quant aux conséquences que cela implique.
Un éditorial du journal 'Le Monde' daté du 22 Juillet 2008
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Editorial
Pour la Constitution
Le projet de révision de la Constitution aurait pu être plus convaincant. Fallait-il pour autant voter contre ? Opter pour le tout ou rien ? Certainement pas : mettre de l'huile dans les rouages de la démocratie n'a jamais été superflu. La gauche a pourtant choisi le non, au risque, sur un sujet majeur, de brouiller la frontière entre opposition et obstruction.
De principes proclamés en marchandages de coulisses, ce projet est le fruit de trois mois de travaux parlementaires, couvés avec une vigilance souvent maladroite par l'Elysée. La gauche a dénoncé à juste titre cet interventionnisme de " l'hyperprésident " et, surtout, les lacunes du projet. Un projet que, droite et gauche confondues, les élus considéraient au départ avec faveur, convaincus que la Constitution de la Ve République, vingt-trois fois révisée en un demi-siècle, méritait d'être une nouvelle fois revisitée.
Le résultat de ces délibérations - que les députés et sénateurs réunis en Congrès à Versailles étaient appelés à approuver lundi 21 juillet - est loin d'être négatif. Le projet qui leur était soumis renforce les pouvoirs du Parlement, dont la faiblesse sinon l'impuissance est le principal défaut de la Ve République. Les congressistes avaient notamment à se prononcer sur une mesure permettant aux deux assemblées de maîtriser mieux qu'aujourd'hui leur ordre du jour.
Ce projet visait aussi à renforcer les droits des citoyens. En leur donnant par exemple la possibilité de saisir indirectement le Conseil constitutionnel pour contester une loi contraire à la Constitution. Cette réforme-là, l'un des adversaires les plus résolus du projet de révision, le sénateur socialiste Robert Badinter, avait vainement tenté de la " vendre " au président Mitterrand lorsqu'il était président du Conseil constitutionnel.
Désappointée par le résultat final, la gauche a mille fois raison d'incriminer le refus de la droite d'interdire le cumul des mandats. Et l'obstination du Sénat à pérenniser son mode d'élection, une anomalie démocratique.
Mais la gauche a eu tort de transformer le vote de lundi en scrutin pour ou contre Nicolas Sarkozy, au lieu de se prononcer pour la Constitution - pour sa modernisation, si imparfait que fût le projet qui lui était soumis.