Une interview de Bernard Thibault, responsable de la CGT. Ne recherchez rien d'intelligent ni d'intéressant dans ses propos : ce n'est pas le but du discours.
Là, on est clairement dans le 'Qu'est ce que peut faire le pays pour ma gueule ?', bref, ce n'est pas avec ce genre d'individus que l'on avance.
Une interview tirée du journal 'Le Monde' daté du 12 Septembre 2007.
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Bernard Thibault : " Le gouvernement lance un contre-feu "
Le gouvernement envisage la réforme des régimes spéciaux et vous avez déjà prévenu : " Il va y avoir du sport ". Le même genre de sport que lors des grandes grèves de 1995 ?
Cela va dépendre de la suite des événements. J'ai l'impression que, chaque 24 heures, il se passe ou il se déclare quelque chose de nouveau. Vendredi, à l'issue d'un conseil des ministres, nous avons un communiqué du porte-parole du gouvernement indiquant qu'en aucun cas un décret n'était en préparation. Durant le week-end, par contre, nous avons eu une intervention du premier ministre qui, lui, annonce qu'une réforme est prête.
Il ajoute qu'elle est simple à faire...
Je ne comprends pas pourquoi il ne l'a pas faite en 2003 lorsqu'il était chargé de la réforme des retraites, il était ministre du travail. C'est lui qui a défendu au nom du gouvernement l'ensemble de la réforme des retraites. Et il a lui-même expliqué pourquoi il ne fallait pas toucher aux régimes spéciaux. (...) Rien ne justifie, à mes yeux, la précipitation avec laquelle on traite la situation des régimes spéciaux dans notre pays. On ne nous fera pas croire que c'est la question économique, sociale, de première urgence. J'en suis à considérer qu'il y a là une espèce de contre-feu à un mécontentement qui grandit dans notre pays, notamment sur la question du pouvoir d'achat. Aujourd'hui, j'ai également rencontré Mme Lagarde, ministre de l'économie, en vue de la préparation d'une conférence portant sur l'emploi et les revenus. A moins que cela ne change, le gouvernement, au stade actuel, n'envisage aucune mesure concrète, susceptible d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés.
Ces régimes spéciaux de retraites coûtent entre 4,5 et 5 milliards à l'Etat chaque année. Faut-il continuer ou bien réformer le système ?
Quelles que soient les dispositions applicables en matière de retraite, régime spécial ou régime général, ils nécessitent tous un examen. (...) Cette volonté de mise en avant des régimes spéciaux s'explique par un contexte un peu plus compliqué sur les questions sociales pour le gouvernement. (...) Les régimes spéciaux de salariés, c'est 5 % des retraités de notre pays. Il est complètement aberrant de laisser entendre qu'il suffirait d'aligner les régimes spéciaux sur les dispositions du régime général pour qu'il n'y ait plus de problèmes de retraites dans notre pays.
Etes-vous opposé à leur alignement sur le régime des fonctionnaires ?
Si l'on veut parlé d'équité, il va falloir aussi accepter une mise à plat des efforts que font les salariés. (...) S'il faut revoir certaines dispositions applicables, cela s'apprécie et se négocie. (...) Le premier objectif pour nous, conformément au souhait d'une majorité de salariés, c'est de conforter le droit au départ à la retraite à 60 ans. Nous travaillons, nous réfléchissons et nous mettons au point nos propositions dans ce cadre-là.
Nicolas Sarkozy vous a reçu. Qu'avez-vous retiré de cet entretien ?
Je n'ai pas l'impression d'avoir une grande influence sur le contenu de son message. Ainsi, il souhaite une extension du travail du dimanche alors que l'on en avait déjà discuté, employeurs et syndicats de salariés, au Conseil économique et social. Avec un avis sur la question. Donc, il ne tient pas compte de l'avis. (...) Le président de la République prend fait et cause pour la revendication du Medef quelques jours avant que nous ouvrions des négociations avec le patronat sur ce qu'il conviendrait de faire évoluer dans le droit du travail français. En disant " Si vous ne parvenez pas à vous mettre d'accord, je procéderai par la loi ". Quelle est notre marge de négociation ? C'est même l'indépendance des syndicats de salariés qui va être en cause. Si les attentes à notre égard, ce n'est que d'être en relais, en prolongement, en soutien de tout ce que décident des parlementaires, des ministres ou le chef de l'Etat, notre indépendance est en cause.
Propos recueillis par Raphaëlle Bacqué, Thomas Hugues et Stéphane Paoli
" Le Franc-Parler "
France Inter i-TÉLÉ " Le Monde "
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT
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