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Kezaco les fonds souverains ? 2/2

La suite de l'article concernant les fonds souverains. Cet article du journal 'Le Monde' décrit le fait que la banque Citigroup va y faire appel pour se sauvegarder.

Un article du journal 'Le Monde' daté du 16 janvier 2008

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Confronté à des pertes record, Citigroup appelle au secours des fonds souverains

L'ANNÉE 2008 commence mal pour les banques américaines, longtemps considérées comme d'inébranlables piliers de l'industrie financière mondiale.

Frappés de plein fouet par la crise des subprimes, les géants bancaires Citigroup et Merrill Lynch ont procédé, mardi 15 janvier, à des levées de fonds sans précédent dans leur histoire, par leur montant et leur nature : 14,5 et 6,6 milliards de dollars (9,8 et 4,5 milliards d'euros) respectivement, trouvés dans les pays émergents auprès de fonds souverains et de milliardaires (Singapour, le Koweït et le prince Al-Waleed pour Citigroup, le Koweït, la Corée du Sud et la banque japonaise Mizuho pour Merrill).

Si l'on y ajoute les recapitalisations déjà réalisées fin 2007, c'est potentiellement un quart du capital de ces établissements qui va passer sous le contrôle de fonds souverains (16 % pour Citigroup, 25 % pour Merrill) !

Ces augmentations de capital visent à absorber les pertes abyssales liées aux subprimes, ces crédits immobiliers à risques accordés sans discernement ces dernières années à des ménages américains fragiles, revendus ensuite sous la forme de produits financiers risqués.

" PAS LA FIN DE L'HISTOIRE ! "
Citigroup a annoncé, mardi, sa première perte depuis la fusion de Citibank et Travelers en 1997, une perte d'un montant jamais atteint depuis la création de l'institution financière, en 1812 : 9,8 milliards de dollars au quatrième trimestre de 2007, du fait de colossales dépréciations d'actifs compromis (18,1 milliards de dollars). Sur l'année, le résultat reste toutefois positif de 3, 6 milliards de dollars, une somme faible en regard de la surface financière de Citigroup. L'agence de notation financière Standard & Poor's a fait tomber le couperet, mardi, en annonçant une baisse de la note de la dette à long terme de Citigroup, de AA à AA-. Cela va renchérir les coûts de financement de la banque.

Les graves difficultés de Citigroup et Merrill Lynch révèlent l'ampleur de la crise financière aux Etats-Unis. Les défauts de remboursement des crédits immobiliers se multiplient, alourdissant la facture pour les banques. Selon Goldman Sachs, les dépréciations d'actifs pourraient passer de 100 milliards de dollars aujourd'hui à 210 milliards de dollars à horizon de six mois. De surcroît, alors que les économistes parlent désormais de récession économique aux Etats-Unis, les premiers défauts de remboursement apparaissent dans le secteur du crédit à la consommation, un signal inquiétant pour les banques, augurant de nouvelles difficultés.

" Citigroup fait face à des problèmes particuliers, ayant été très agressive en matière de crédits immobiliers et prêté jusqu'à 90 % de la valeur des biens acquis. Mais on s'attend à d'importantes difficultés pour tout le secteur bancaire, en raison notamment de la détérioration de la qualité des portefeuilles de cartes de crédit... Ce n'est pas la fin de l'histoire ! ", avertit Tanya Azarchs, directrice générale chez Standard & Poor's à New York.

Le recours aux fonds souverains pourrait donc n'en être qu'à ses débuts. Et redessiner les équilibres économiques mondiaux. Pour Jean-Paul Betbèze, chef économiste au Crédit agricole, " on assiste à un changement des rapports de propriété dans le monde. La France doit se poser la question de l'opportunité de se doter de tels fonds de soutien ".

Anne Michel

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