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Mes pensées et idées pour un monde plus juste et plus beau.

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"Le Monde" ne comprend rien à Darwin 1/2

Voici un mail que j'ai envoyé à la publication Science et Vie car je ne comprenais goute à l'article du journal 'Le Monde' cité...

******************

Depuis de nombreuses années de lecture de votre magazine, voici ce que je
crois savoir de l'évolution :

Des mutations génétiques aléatoires ont lieu sur le génome des individus.
L'environnement va sélectionner les plus aptes à survivre en éliminant les
mutations délétaires ou en favorisant au contraire les mutations apportant un
avantage à l'espèce. La sélection se fait sur le mode reproductif : les plus
aptes à la survie vont favoriser leurs mutations par rapport aux autres.
Inversement, les individus munis d'inconvénients génétiques par rapport à leur
environnement seront dans l'impossibilité de transmettre leurs gênes
délétaires à leur descendance.
Quant aux mutations délétaires qui se révèlent après le moment de la
reproduction, ils sont transmis car, d'un point de vue évolutif, seule compte
la transmission des gênes.

Ai-je raison ?

Si oui, je ne comprends absolument pas en quoi cet article du journal 'Le
Monde' daté du 14/02/2008 est révolutionnaire...

Il parle d'une sélection qui peut être aléatoire, alors qu'elle l'est par
définition, opposée à une pression de l'environnement, qui, lui aussi, est
dans la définition Darwinienne.

Bref, je ne comprends rien à cet article qui m'a tout l'air de réinventer la
théorie Darwinienne tout en faisant croire que c'est une nouveauté.

Pouvez vous m'éclairer car je suis perdu...

D'avance, je vous en remercie.

Cordialement,

James

Un article du journal 'Le Monde' daté du 13/02/2008

*********


Le génome humain porte les traces d'une sélection naturelle récente
Certaines variations génétiques entre les populations d'Afrique, d'Asie ou
d'Europe sont le fruit des pressions de l'environnement qui se sont exercées
depuis moins de 60 000 ans

Voilà qui fait d'Homo sapiens un animal presque comme les autres. La
domestication du feu, la maîtrise d'outils toujours plus complexes ou de
l'agriculture, l'ambition permanente d'échapper aux forces de la nature...
Rien n'y fait. Depuis qu'il a quitté l'Afrique de l'Est, voilà moins de cent
mille ans, l'homme moderne reste soumis aux lois archaïques de la sélection
naturelle. Confirmant de récents travaux dirigés par John Hawks (université du
Wisconsin), une équipe de chercheurs français et espagnols vient d'en apporter
une nouvelle et originale démonstration.

LEXIQUE

SNP (SINGLE NUCLEOTIDE POLYMORPHISMS).
Tout fragment d'ADN

est formé d'une séquence de quatre molécules - ou quatre " lettres " -
différentes : A (Adénine), T (Thymine), C (Cytosine) et G (Guanine).

Un SNP (prononcer " snip ") substitue une lettre à une autre dans une séquence
donnée. Par exemple, AAGCCTA peut devenir AAGCTTA. Ces variations peuvent se
traduire par des changements physiologiques ou être

" silencieuses " (ou " muettes ").

HAPMAP.
Ce projet, né en 2002

d'une collaboration scientifique

internationale, vise à cartographier

les variations génétiques du génome humain - en particulier les SNP.
[-] fermer

Selon ses travaux, publiés dans la dernière livraison de la revue Nature
Genetics, lundi 11 février, la répartition  des variations génétiques
élémentaires (Single Nucleotide Polymorphisms, ou SNP) dispersées dans le
génome humain trahit une sélection naturelle intervenue dans un tout proche
passé - moins de soixante mille ans. Du même coup, les chercheurs sont
parvenus à identifier un ensemble de 582 gènes sur lesquels cette pression
sélective récente s'est opérée. Ces variations génétiques marquent les
différences visibles (couleur de la peau, taille, constitution capillaire,
etc.) et invisibles (susceptibilité, résistance à certaines maladies, etc.)
entre les populations.

" C'est la première fois que l'on montre, à l'échelle du génome humain dans
son ensemble, que certaines différences physiques et physiologiques entre
populations résultent de la sélection naturelle ", explique Lluis
Quintana-Murci (CNRS, Institut Pasteur), coauteur de ces travaux. Sur cette
question, deux écoles s'affrontent. D'un côté ceux, parfois qualifiés de "
neutralistes ", pour qui deux populations distantes voient les génomes de
leurs individus évoluer différemment sous l'effet du seul hasard, c'est-à-dire
d'une " dérive génétique ". En face, ceux pour qui les populations se
différencient principalement sous la pression de leur environnement.

Pour trancher, les auteurs ont étudié un échantillon d'environ 200 personnes
de différentes origines. Ils y ont observé la répartition de ces SNP
(prononcer " snip ") en fonction de leur nature. Ceux dits " silencieux ",
réputés dépourvus d'effet physiologique. Et ceux qui conduisent à une
modification de la protéine produite par un gène. Schématiquement, si seul le
hasard était en cause, toutes ces petites mutations - silencieuses ou non -
auraient la même répartition entre populations.

Or ce n'est pas le cas. Les chercheurs observent que les SNP les plus
différenciés entre groupes - fréquents dans l'un, absents ou presque dans
l'autre - ont un effet physiologique. Ces petites mutations ne se sont donc
pas produites par hasard, mais sous l'effet de la " sélection positive ",
celle qui favorise certains traits. " Par exemple, nous avons observé une
mutation présente à 85 % chez les populations africaines et quasi absente des
populations européennes, illustre M.  Quintana-Murci. Or cette mutation se
produit sur un gène dont on sait qu'il est impliqué dans la sévérité des
crises de paludisme. "

Les chercheurs ont également identifié des différences entre populations
portant sur des gènes impliqués dans l'immunité, le diabète, la capacité à
digérer les sucres, l'hypertension... Ce dernier exemple traduit, à l'échelle
génétique, la plus grande susceptibilité de certains groupes ethniques aux
maladies cardio-vasculaires.

Cependant, ces variantes portent sur une proportion " infinitésimale " du
génome humain, selon Lluis Quintana-Murci. En outre, ajoute le chercheur, "
les différences morphologiques, qui sont à nos yeux si importantes dans l'idée
que nous nous faisons des groupes ethniques, sont parfois totalement
ŒŒaccidentelles'' ".

" L'un des gènes soumis à une sélection récente que nous avons identifié,
appelé EDAR, est ainsi impliqué dans l'épaisseur des cheveux, la forme de la
dentition et les caractéristiques de sudation : la sélection d'une population
sur sa tendance à transpirer peu - afin de limiter les pertes thermiques -
pourra donc avoir un impact sur sa physionomie, mais cette incidence ne sera
que fortuite ", précise le généticien.

Les chercheurs ont également remarqué que des mutations dites " délétères " -
sur des gènes associés à des maladies - sont présentes avec la même fréquence
dans toutes les populations en Europe, en Asie ou en Afrique, et ne concernent
qu'un faible pourcentage des individus. " Cela signifie que la ŒŒsélection
négative'' - celle qui défavorise certains traits - s'est appliquée de la même
façon en Europe, en Asie et en Afrique pour maintenir à de très faibles
fréquences les mutations responsables de maladies ", dit M. Quintana-Murci.

Pour mener leur démonstration, les auteurs de ces travaux ont utilisé la base
de données du consortium HapMap. Celle-ci, précise Christian Biémont
(université Lyon-I, CNRS), couvre un échantillon " de populations issues de
seulement quatre origines  : Nigeria, Japon, Chine et Etats-Unis/Europe de
l'Ouest et du Nord ". " Il faut donc être prudent sur les conclusions et la
validité des tests statistiques ", tempère M. Biémont.

" Actuellement, nous ne comprenons pas très bien la signification des SNP,
ajoute-t-il. Le présent travail a le mérite d'avoir essayé de les associer à
certains gènes de prédisposition à des maladies, mais on est encore loin de
comprendre l'impact réel de ces associations. " Outre leur intérêt
fondamental, ces travaux ouvrent donc la voie à des recherches ultérieures en
génétique médicale.

Stéphane Foucart



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