C'est pas bête comme initiative : la SNCF invente des outils marketing pour pousser à la consommation avec des conditions ultra-restrictives...et un site se joue de ses considérations en donnant plus de libertés au consommateur !
Je ne peux qu'applaudir ;)
Un article du journal 'Le Monde' daté du 26/02/2009
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Des sites pour troquer ses billets de train sur la Toile
En cas de voyage annulé, des titres non remboursables ne sont pas forcément perdus
CONSOMMATION
Après tout, pourquoi payer plus cher ? Depuis quelques mois, les amateurs de bons plans se ruent sur les sites de revente de billets de train. En quelques minutes, ils y trouvent des voyages vendus avec un rabais de 50 %, voire 80 %, du prix figurant sur le ticket.
Pas moins de trois sites - Kelbillet.com, Trocdesprems.com et Zepass.com - proposent ce service, légal, qui s'appuie sur les curiosités de la grille tarifaire de la SNCF. La compagnie ferroviaire met en vente, en effet, plusieurs mois à l'avance, des billets largement moins chers que les billets ordinaires, tels que les " Prem's ", ni échangeables ni remboursables.
Ces billets, en principe perdus si l'acheteur renonce à son voyage, peuvent être revendus à un internaute qui en aurait besoin. L'astuce fonctionne également pour les billets nominatifs, comme les IDTGV, avant que l'utilisateur crée et imprime son ticket.
Les voyageurs y trouvent leur compte. Sylvie, 50 ans, habitant à Bordeaux, a dû récemment annuler un week-end qu'elle projetait de passer à Lille. " Sur Kelbillet, j'ai proposé l'aller et le retour à 30 euros, soit une réduction de 10 euros pour chaque billet. Ils sont partis en quelques jours ", raconte-t-elle.
Laurence, 27 ans, a découvert Zepass en 2008, pour y revendre un Lyon-Paris non utilisé. " Depuis, je me procure mes billets sur ce site si les horaires me conviennent, mais je n'hésite pas non plus à les acheter directement à la SNCF sans être sûre de m'en servir ", témoigne-t-elle. " La possibilité de revendre en ligne constitue une sorte d'assurance tacite ", constate Quentin Schaepelynck, fondateur du site Zepass. A la SNCF, on aborde d'ailleurs le sujet " sans passion ", se bornant à mettre en garde les personnes intéressées pour un cas de figure : " L'achat d'un billet assorti d'une réduction à laquelle le client n'aurait pas droit. "
Les trois sites, créés entre 2002 et 2006, voient leur fréquentation augmenter depuis l'été 2008. " Ça marche très bien à la veille des vacances et lorsque le site Voyagessncf.com connaît des péripéties ", confie Yann Raoul, qui a conçu Kelbillet " pour le fun " il y a trois ans sans imaginer le succès qu'il allait remporter. La formule séduit une population de voyageurs plutôt jeunes parmi lesquels " deux tiers de femmes ", poursuit M. Raoul.
Les sites fonctionnent peu ou prou de la même manière. Seuls les vendeurs doivent effectuer une inscription formelle, mais gratuite, en précisant la date et la destination. Les acheteurs peuvent répondre en ligne ou par téléphone. On s'échange ensuite les billets par courrier ou de la main à la main. " Il y a forcément eu des problèmes, reconnaît Bernard Thomas, retraité et fondateur du site Trocdesprems. Mais compte tenu des sommes en jeu, 30 euros en moyenne, les gens ont globalement confiance ", ajoute-t-il.
L'échange donne parfois lieu à des situations cocasses. Cécile a revendu un aller-retour Paris-Strasbourg pour six personnes. " Mais en pratique, lorsqu'on voyage à plusieurs, on utilise un seul billet aller, et un seul retour, témoigne-t-elle. J'avais donc pris rendez-vous gare de l'Est avec tous mes acheteurs qui ne se connaissaient évidemment pas. Lorsqu'il a fallu confier l'unique ticket à l'un d'entre eux, j'ai choisi le plus "grande gueule". Du coup, tous les autres le suivaient partout dans la gare, à la queue leu leu. "
Olivier Razemon