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Mes pensées et idées pour un monde plus juste et plus beau.

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Un article de merde sur le journal 'Le Monde'

J'en ai déjà vu des articles où la mauvaise foi prenait le pas sur des données élémentaires, mais à ce point, j'avais encore jamais vu.

La plume est d'un connard appelé Gilles Bastin qui rejoint des thèses complètement connes d'un imbécile heureux appelé Joseph Gusfield.

On essaie de dire que le type qui boit au volant n'est pas si méchant que ça et que c'est la société qui est méchante avec lui car le fait de boire relève de la sphère privée ! Débile ? Assurément ! Surtout quand ce gros con de Bastin assure que Gusfield démonte des thèses scientifiques ! C'est facile de démonter des thèses scientifiques quand on n'est pas scientifique soit même (et que celui qui ose me dire qu'un sociologue en est un me regarde dans les yeux !) !

Bref, c'est un article bourré de mauvaise foi tendant à chaque fois de démontrer que l'alcoolique n'est pour rien dans l'accident mais que tout doit être du à l'état de la route, à l'état de la bagnole et à la lenteur des secours.

Si j'étais Gusfield j'irais encore plus loin :
- Distribution de vin aux péages
- Obligation de rouler bourré
- Si on arrive à tuer quelqu'un en étant bourré, on a la Légion d'Honneur
etc.

Ce qui est marrant c'est que cet article est tiré des pages spéciales 'Livre' du journal 'Le Monde' et que l'on y annonce aussi qu'aux Etats-Unis, bon nombre de quotidiens ne sortent plus de supplément littéraire. Un lecteur américain était content de cet état de fait en disant que les suppléments étaient médiocres. Comme quoi, 'Le Monde' aura au moins réussi à copier une certaine médiocrité chez ses collègues Américains...

Un article du journal 'Le Monde' daté du 27 Février 2009

***********

Diabolisation de l'ivresse au volant
Le livre magistral du sociologue Joseph Gusfield sur la métamorphose du conducteur buveur en ivrogne tueur et sur la construction des " problèmes publics "

La conduite automobile et la consommation d'alcool font partie des expériences les plus banales de l'existence moderne. Deux expériences qui relèvent largement de la vie privée mais dont tout individu sait aussi le tabou qui pèse sur leur réunion. " Boire ou conduire, il faut choisir " dit, en France, le slogan publicitaire qui capture avec le plus d'autorité " l'ordre symbolique " que Joseph Gusfield s'attachait déjà à analyser dans un livre classique publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1981.

    Extrait

" L'automobile est en tant que telle une machine à prendre des risques, étant donné les conditions actuelles de sa fabrication et l'état des routes publiques (...). La conduite parfaite est un standard valable pour les anges, sur quelque autoroute du paradis. Le "citoyen normal", le "conducteur moyen", "l'homme prudent et raisonnable" s'expose chaque jour à des risques, dès qu'il s'assied à son volant et prend des décisions rapides face à la circulation en sens inverse. Le risque est mesuré et l'action accomplie. Le code de la route est transgressé chaque minute, quelques fois volontairement, d'autres fois non. Ni les juges, ni les policiers, ni les conducteurs ne voient dans la vitesse quelque chose d'anormal. Le changement de voie n'est pas un acte odieux, pas plus que le demi-tour interdit un crime. Ces infractions n'ont pas pour résultat l'arrestation et la garde à vue. Quoique leur relation aux risques de collision soit bien connue, ces infractions ne se voient pourtant accorder qu'un statut mineur. Ceux qui les perpètrent n'encourent aucune des condamnations morales que s'attire la conduite sous l'influence de l'alcool (...). La position légale de la conduite sous l'influence de l'alcool se situe quelque part dans la zone ambiguë entre l'offense morale et le délit pénal. "
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Le sociologue manie à merveille l'ironie, cet art de poser les questions à l'envers, de voir l'étrange dans le plus trivial, comme si le monde tel que nous le connaissons n'était qu'une hypothèse parmi d'autres. " Pourquoi, se demande-t-il dans les premières pages du livre, la conduite d'une automobile sous l'influence de l'alcool est-elle après tout un problème public ? " Longtemps, en effet, la consommation d'alcool fut tolérée dans les lieux publics ou au travail. Bien plus, ne fut-elle pas encouragée jusqu'au début du XXe siècle et, dans nombre de situations délictuelles, considérée comme une circonstance atténuante ? C'est que les " faits de l'alcool ", selon la belle expression de Gusfield, n'avaient pas encore été " arrachés à une masse de données, nettoyés, polis, vernis, retouchés ici et là, et offerts comme des découvertes dans le contexte des préoccupations pratiques et concrètes de leurs découvreurs ".

En témoigne l'état de confusion qui pouvait encore régner dans la tête de Glenn Townsend, ce jeune conducteur qui, le 8 novembre 1919, percuta un arbre sur Lovers' Lane à Kalamazoo, dans le Michigan. Alors que sa passagère, blessée par une aile de la voiture emboutie, devait décéder à l'hôpital, Townsend s'en sortit indemne. " Après l'accident, il rampa hors de la voiture, sortit une bouteille dont il but quelques gorgées et en proposa aux spectateurs. Il était tellement saoul qu'il ne se rendait même pas compte de ce qui était arrivé à son véhicule et à sa compagne. " Plus étonnant encore, l'avocat du jeune homme ne nia pas le délit de conduite en état d'ivresse, mais il plaida que rien ne permettait d'établir un lien entre cet état et le décès de la jeune femme.

L'état de la route, celui de la glissière de sécurité ou un défaut de conception de la voiture elle-même ne pouvaient-ils pas aussi avoir eu leur part dans ce décès ? Sans doute, suggère à son tour le sociologue constructiviste, mais à l'époque, l'autorité de tels arguments ne pouvait déjà plus rivaliser avec celle du " mythe " que construisaient au même moment la science et le droit : celui du " conducteur incompétent ". Le juge ne s'en laissa d'ailleurs pas conter : il fit condamner Townsend après l'avoir mis au ban de l'humanité ordinaire, le désignant même comme le symbole de l'ivrogne-tueur.

Dans son étude, Joseph Gusfield déconstruit magistralement les arguments " scientifiques " (c'est-à-dire pour lui rhétoriques) qui permirent dès les années 1920 au Conseil de sécurité nationale, une organisation privée qui collectait les informations sur les accidents de toutes sortes aux Etats-Unis, de s'emparer du " problème " de l'alcool au volant. Ce conseil concentra son attention sur les performances individuelles des automobilistes plus que sur celles des automobiles ou sur l'état du réseau routier et des services de secours. Une façon de responsabiliser le conducteur qui confortait évidemment aussi les intérêts des constructeurs automobiles, comme devait le montrer Ralph Nader dans les années 1960. De fait, toutes les données publiées sur les accidents de la route mentionnèrent rapidement le sexe du conducteur, son âge, son taux d'alcoolémie, mais pas l'âge de son véhicule ou son état d'entretien, la proximité d'un poste de secours, etc.

CHARGE RHÉTORIQUE

Gusfield soumet à la même grille d'analyse le code de la route, ainsi que tout l'appareil du droit en action : le processus d'arrestation envisagé comme un rite dégradant pour le conducteur buveur, la dramaturgie du procès, le jeu des métaphores dans la procédure, etc. sont finement disséqués. Il montre ainsi comment la conduite en état d'ivresse, sous l'effet de cette charge rhétorique, devint petit à petit impensable autant que condamnable, et le conducteur buveur un bouc émissaire d'un ordre social à la fois sobre et vertueux : " La structure métaphorique du raisonnement juridique se charge en effet d'implications sociales et politiques à travers la manière dont la responsabilité est imputée. (...) Le code de la route n'est rien d'autre que l'incarnation de telles métaphores ", écrit le sociologue.

Joseph Gusfield, qui fut formé dans les années 1950 à l'université de Chicago, a retenu de cet héritage deux leçons magistralement exposées dans ce livre. Il n'y a pas, dit la première, d'objets moins dignes d'attention que d'autres dans le monde social. La folie, la pauvreté, la sexualité et bien d'autres " problèmes sociaux " ont connu des définitions variables dans le temps. Pourquoi n'en irait-il pas de même de l'ivresse au volant ? Ce " drame " social est aussi un problème dont s'emparent des groupes concurrents, qui ont tous l'ambition d'en devenir " propriétaires " afin d'orienter jusqu'à sa définition, et ainsi de transformer un ensemble de positions morales en faits indiscutables, produisant " l'illusion (...) de la clarté, de la certitude et de l'autorité ".

Notre existence, dit la seconde leçon, possède une dimension symbolique qui autorise à en appréhender les problèmes comme des textes. Joseph Gusfield - c'est la grande richesse de ce livre et peut-être aussi sa limite - s'attache plus aux discours traitant de l'alcool au volant qu'aux acteurs qui les portent. " Décrire la structure des problèmes publics, c'est décrire la manière ordonnée dans laquelle des activités, des catégories et des arguments émergent dans l'arène publique ", note-t-il dans une conclusion qui pourrait sans mal s'appliquer, aujourd'hui comme hier, à d'autres sujets d'inquiétude sociale.

Gilles Bastin

La Culture des problèmes publics. L'alcool au volant : la production d'un ordre

symbolique

de Joseph Gusfield

Traduit de l'anglais (Etats-Unis)

par Daniel Cefaï, Economica,

" Etudes sociologiques ", 354 p., 29 ¤.

Signalons pour le cas français, avec une perspective historique plus large mettant en évidence le poids du corps médical dans la gestion de l'alcoolisme comme déviance individuelle, la thèse récente de Bertrand Dargelos (La Lutte antialcoolique en France depuis le XIXe siècle, Dalloz, 2008, 390 p., 45 ¤).
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