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Mes pensées et idées pour un monde plus juste et plus beau.

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Interview de Madame Idrac sur Monde

Ce qui est marrant, c'est que la mère Idrac sait bien parler de clientèle quand celle-ci à l'embarras du choix de ses fournisseurs (transport par camion, par fret, etc.), mais que on l'entend beaucoup moins concernant la clientèle passagers :s Ben ouais, un usager n'a pas pareil choix : on peut bien l'entuber, il a pas le choix...

L'interview donnée par la mère Idrac au journal 'Le Monde'  le 12 Avril 2007 :

Service minimum : Mme Idrac réservée face à une loi
Dans un entretien au " Monde ", la présidente de la SNCF insiste sur la " révolution " que doit accomplir le fret, mais elle refuse sa filialisation

   
Que pensez-vous du résultat courant réalisé par le groupe SNCF en 2006 : 695 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 21,9 milliards d'euros ?

Pour la troisième année d'affilée, la SNCF obtient des résultats positifs. Le chiffre d'affaires est surtout tiré par l'activité voyageurs avec des développements sur de nouveaux territoires, comme pour les TER, dont le chiffre d'affaires est presque équivalent à celui du TGV. Notre dynamisme se retrouve aussi dans le périurbain, dans les TGV interrégions et avec la poursuite de la croissance à l'international d'Eurostar et de Thalys. Il faut que tous les métiers de l'entreprise portent les valeurs de qualité de service, de performance et de développement qui font le succès du TGV. Ce qui porte le chiffre d'affaires, ce sont la qualité de service et l'innovation. En 2006, avec une dette en baisse de 612 millions d'euros, la SNCF serait même en position d'autofinancement s'il n'y avait le fret.



Quelle est la situation du fret ?

Le fret a perdu 260 millions d'euros. Par ailleurs, nous avons dû procéder à une dépréciation des actifs de 640 millions d'euros. La situation du fret est extrêmement grave. Elle l'est d'autant plus - et d'autant plus stimulante - que son avenir est entre nos mains : il n'est plus question d'obtenir d'autres aides. Cela nous impose d'agir vite. C'est ce que nous avons fait avec Olivier Marembaud, directeur général délégué fret, en engageant un programme d'actions dont le client doit être le premier bénéficiaire. Depuis des années, on disait il faut dédier des moyens au fret. Aujourd'hui, c'est en cours. On appelle ça l'intégration industrielle



Faut-il filialiser le fret ?

Ce n'est absolument pas ce que j'ai l'intention de faire. Je suis quelqu'un qui dit les choses franchement : si mon projet avait été de filialiser le fret - comme certains me le conseillaient - ç'aurait pu être une solution. J'ai choisi une autre solution : une ambition de développement avec le pari de la rupture interne. L'ampleur de la remise en cause par les clients est telle qu'on n'est plus dans le rafistolage et le bricolage. Il faut une véritable " révolution du client ".



Pour des raisons comptables, la SNCF a sorti les retraites de son bilan. Comment avez-vous réalisé ce transfert ?

Tout d'abord qui eût cru que, six mois après avoir pris le dossier en main, nous serions capables de créer cette caisse ? Le problème était financier : comment prendre en compte les 114 milliards d'euros de provisions des retraites à venir ? Nos fonds propres, qui sont de 6 milliards, n'y suffisaient pas. Notre caisse de retraite connaît un déséquilibre démographique avec 400 000 ayants droit et 160 000 actifs. Conformément aux principes de solidarité inter-régimes, ce déséquilibre est compensé par l'Etat. La nouvelle Caisse de retraite et de prévoyance sera un organisme de sécurité sociale chargé d'une mission de service public et doté de la personnalité morale. Le gouvernement a retenu le principe de la triple neutralité : budgétaire ; comptable et sociale pour les agents.



Faut-il une loi sur le service minimum ?

Tout d'abord, je constate que les conflits ont reculé en 2006, passant de 1,44 à 0, 79 journée perdue par agent, dont la moitié avait pour cause le CPE. En outre, les contrats que nous avons passés avec les autorités organisatrices de transports comme avec le syndicat des transports de l'Ile-de-France - STIF - prévoient la prévisibilité en cas de situation perturbée.

Le passage par la loi n'est donc pas nécessaire ?

Pour l'heure, je constate que cela s'améliore et je privilégie le dialogue social et la négociation. D'ailleurs, plus la part du dialogue social est importante, mieux ça marchera, quelle que soit la formule législative éventuelle. Par tempérament et par expérience, je suis attachée au dialogue. J'ai toujours choisi le management par la confiance et donc par les résultats. Il n'y a pas de raison que cela se passe ici différemment. Surtout lorsque les résultats sont bons.



La SNCF embauche-t-elle ?

En 2006, nous avons embauché 5 600 personnes dont 13 % dans les quartiers sensibles et particulièrement en Provence-Alpes-Côte d'azur (PACA) et en Ile-de-France. Je vais développer l'apprentissage, l'accueil des salariés handicapés et la féminisation des postes. C'est une politique moderne et active. Cette année, nous embaucherons 4 600 personnes.



Est-il exact que l'exploitation de la ligne à grande vitesse est européen sera, au début, déficitaire ?

Oui, nous avons inscrit pour 2007 un déficit de 100 millions d'euros pour cette ligne. Car nous avons investi 1, 3 milliard d'euros pour le matériel et pour les gares.

Propos recueillis par François Bostnavaron et Dominique Buffier
 

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